Les futurs retraités sont devenus prudents

La campagne REER 2008 entre dans le dernier droit sur un fond de stress financier plaçant la sécurité du capital au premier rang des priorités. La prudence est de mise en cette année de récession, les plus hardis étant prêts à considérer les véhicules financiers qui offre la protection du capital et un rendement qui imite l'évolution d'un indice boursier de référence.

Il y a de la prudence dans l'air! Cette prudence ressort d'un sondage mené par la Financière Manuvie, où les Canadiens déclarent qu'ils privilégient la sécurité financière et le remboursement de leurs dettes en cette période de difficultés économiques. «Plus du tiers des personnes sondées (35 %), soit le groupe le plus important, ont déclaré que leur priorité en matière de finances pour 2009 était de rembourser leurs dettes et de réduire le montant de leur emprunt hypothécaire», peut-on lire dans les conclusions rendues publiques récemment.

Selon ce sondage trimestriel, l'indice de confiance des épargnants a chuté de trois points pour s'établir à +5 en décembre, ce qui représente l'indice le plus bas depuis le premier sondage effectué en 1999, a indiqué Manuvie. Étonnamment, malgré cette chute, la moitié des personnes interrogées ont déclaré que leur situation financière était plus avantageuse qu'il y a cinq ans. Une autre proportion des répondants, soit 27 %, ont déclaré que leur situation financière était la même qu'il y a cinq ans. Ce sondage a été réalisé du 4 au 10 décembre, donc après le passage du coeur de la tempête financière.

Capital garanti et rendements boursiers

Cette prudence milite donc en faveur des produits financiers combinant le capital garanti et les rendements empruntant au monde boursier. Du moins, nombre d'établissements financiers proposent leur version de leur produit hybride. Pensons à la Financière Manuvie, qui avait lancé le mouvement en octobre 2006 avec son Fonds de placement garanti (FPG) Select Revenu Plus. Il a été amélioré l'année suivante pour offrir un revenu de retraite garanti. Ce produit concerne essentiellement cette zone à risque pour la retraite, soit cette période de cinq à dix ans qui précède et suit le départ à la retraite.

CI, Industrielle Alliance et Desjardins Sécurité financière (DSF) se sont senties inspirées. Chez DSF, on a lancé son contrat Helios en octobre 2007. On mettait l'accent sur le volet de décaissement, avec un produit garantissant à la retraite des rendements de 7 % par année du capital, pendant 15 ans. Le tout vient d'être modifié, notamment par l'introduction d'une garantie de retrait à vie.

En fait, trois modifications ont été apportées au contrat de fonds de placement garanti Helios, présentées sous forme d'options. Il est désormais assorti d'une garantie de retrait à vie prévoyant un revenu établi en fonction de l'âge, d'un rajustement de la garantie maintenant tous les ans (alors que la norme de cristallisation dans l'industrie est de trois ans) et d'un boni d'accumulation. Ce boni est de 7 % au cours des dix premières années durant lesquelles aucun retrait n'est effectué.

Moyenne d'achat

De sondage en sondage, les Canadiens ont beau se dire sereins et confiants par rapport à leur REER, lorsque la conjoncture est à la récession, on devient plus nerveux ou plus attentifs. Dans un sondage réalisé l'an dernier pour RBC Groupe financier, 60 % des épargnants interrogés ont affirmé ne pas se laisser décourager par la volatilité du marché. Mais on chercherait, du même souffle, à s'en protéger. L'établissement financier rappelait, d'ailleurs, qu'une autre façon de se prémunir contre la volatilité des marchés consiste à recourir à la méthode de la moyenne d'achat. «L'achat au coût moyen [le fait d'investir un montant régulier chaque mois ou chaque semaine] limite l'exposition à la volatilité du marché et permet aux investisseurs d'acquérir plus de parts d'un fonds commun lorsque les marchés sont en baisse et moins lorsqu'ils sont en hausse. Cette discipline est profitable à long terme.»

Cette recherche de la sécurité s'accompagne d'un certain scepticisme des Canadiens à l'égard de leur retraite. En fait, ils sont nombreux à penser que leur retraite sera de courte durée. Pas étonnant, donc, que le tiers des baby-boomers déclarent ne pas avoir de REER. En fait, on retient qu'à peine la moitié des baby-boomers québécois prévoient passer moins de 10 ans à la retraite. En corollaire, plus du tiers des Québécois peuvent déclarer, bon an mal an, ne pas détenir de REER, disant s'en remettre plutôt aux régimes publics.

Sans compter que la définition de la retraite change et comprend maintenant certaines formes de travail. «Beaucoup de Canadiens ne se sentent peut-être pas prêts à passer à une retraite complète, et, pour eux, continuer de travailler est une façon de rester engagé et de continuer à jouer un rôle dans la société», a déjà conclu la Sun Life. Sans oublier la chute des rendements, qui a eu pour effet de modifier nombre de projets de retraite. D'ailleurs, près de la moitié des répondants faisant part de leur intention de cesser de travailler à 65 ans ont déclaré craindre de ne pas avoir suffisamment économisé. C'était avant l'effondrement des marchés en 2008.

Bon REER!

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