Projets d'importation d'énergies fossiles - Les écologistes resteront à l'affût

Les écologistes québécois et du ROC se promettent de surveiller de près l'évolution des deux plus importants projets d'importation d'énergies fossiles au Québec, même si ces projets semblent avoir été mis sur la glace momentanément.

Enbridge a confirmé en effet la semaine dernière que son projet Trailbraker était reporté à une date indéterminée en raison de l'effondrement des prix du pétrole. Le projet consistait à inverser le cours du pipeline Montréal-Sarnia en direction du Québec pour y acheminer 240 000 barils de pétrole par jour des sables bitumineux, dont 160 000 barils seraient destinés au marché des États-Unis.

Quant au projet Rabaska, même si la direction de Gaz Métro assure qu'il se matérialisera un jour, pour l'instant, il est lui aussi mis sur la glace jusqu'à une date indéterminée parce que le géant russe Gazprom n'arriverait pas à réunir suffisamment de capitaux pour développer le gisement de Chtokman dans la mer de Barentz, révélait cette semaine à La Presse la présidente de Gaz Métro, Sophie Brochu. Cette dernière insistait cependant pour dire que ce n'est pas le comportement de Gazprom, qui utilise son gaz comme arme politique, qui explique le report de Rabaska.

Pour Matt Price, porte-parole d'Environmental Defence, le projet Trailbraker a du plomb dans l'aile mais pourrait revenir sur la carte si les prix du pétrole repartent à la hausse, car les pétrolières de pétrole de l'Ouest pourraient bien ne pas obtenir de l'administration Obama la permission de construire un nouveau pipeline vers les grands centres des États-Unis pour du pétrole réputé être un des pires pour le climat.

«Trailbraker est un Plan B pour Enbridge, explique Matt Price. L'idéal, c'est un projet qui achemine le pétrole directement aux États-Unis. S'ils n'obtiennent pas gain de cause, le projet pourrait revenir rapidement à la surface quand les prix recommenceront à grimper. L'important pour nous, c'est que les gouvernements de l'Ontario et du Québec prennent des mesures efficaces maintenant pour que leur parc automobile cesse d'être aussi énergivore, et qu'ils mettent en place des normes pour réduire les concentrations de carbone dans le pétrole brut acheté par les raffineurs afin de réduire les émissions associées à son raffinage.»

Au Québec comme en Ontario, certains pétroles lourds achetés au Mexique et au Venezuela sont à peu près aussi riches en carbone que le bitume provenant des sables de l'Ouest. Selon Environmental Defence, les deux provinces sont tout autant justifiées d'exiger des achats de pétrole moins riches en carbone qu'elles exigent des pétroles moins riches en soufre, pour des raisons de contrôle de la pollution.

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