Formation de la main-d'oeuvre - Les entreprises canadiennes traînent la patte

Réunion générale dans les bureaux d’une grande entreprise. Outre la formation de la main-d’oeuvre, la communication ferait défaut au sein des entreprises canadiennes
Photo: Agence Reuters Réunion générale dans les bureaux d’une grande entreprise. Outre la formation de la main-d’oeuvre, la communication ferait défaut au sein des entreprises canadiennes

Les entreprises canadiennes se démarquent comme parmi les plus mauvaises dans le monde en matière de formation de la main-d'oeuvre, selon une étude menée dans 12 pays.

Les travailleurs canadiens ont seulement droit à une moyenne de huit journées de formation par année, révèle une étude sur la productivité réalisée par la firme de consultant spécialisée Proudfoot et qui doit être dévoilée ce matin. Le Royaume-Uni a été le seul pays à faire pire (7,6 jours) dans cette étude portant sur 12 pays développés et économies émergentes, la France (8,2), la Russie et l'Allemagne (8,5), l'Australie et l'Espagne (9,6), la Chine (11,8), les États-Unis et le Brésil (12,5), et même l'Inde (13,7) et l'Afrique du Sud (16) faisant tous mieux. Pour ne rien arranger, les entreprises canadiennes se classent aussi dernières en ce qui a trait au suivi et à la pertinence de leurs programmes de formation.

Le Canada se fait remarquer aussi pour la difficulté avec laquelle l'information circule au sein de ses entreprises, continue l'étude. Pas étonnant qu'au lieu des 13 % de gains de productivité que l'on croit qu'elles pourraient normalement réaliser en deux ans, elles n'en accompliront que 8 %, de l'avis même de leurs gestionnaires.

Cela tombe mal car la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée (35 %) ressort justement comme le principal obstacle à l'amélioration de leur productivité, devant la réglementation (24 %) et le roulement élevé du personnel (20 %). «Si le bassin de main-d'oeuvre ne dispose pas des compétences requises, c'est aux entreprises de prendre en charge la formation et le développement des habilités pour maintenir leur compétitivité», souligne le directeur de Proudfoot Canada, Jon Wylie.

Tout n'est cependant pas noir pour le Canada, dans ce portrait réalisé principalement à partir d'entrevues menées auprès de 1275 gestionnaires de grandes entreprises représentant 12 pays et huit secteurs économiques. Les Canadiens s'y révèlent notamment plus ouverts aux changements que les autres. Bien qu'apparemment élevé (26 %), la proportion du temps de travail consacrée à des activités de servant pas la productivité des entreprises s'y révèle plus faible que dans la plupart des autres pays, comme les États-Unis (37 %), l'Allemagne (40 %) et le Brésil (40 %).

L'exemple du BRIC

Les pays développés auraient peut-être des leçons à suivre, en matière d'amélioration de la productivité, auprès des économies émergentes, comme le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine (surnommées BRIC), suggère dans son rapport la firme Proudfoot. «Les économies du BRIC [...] peuvent adopter plus rapidement les technologies et pratiques d'amélioration de productivité les plus récentes parce qu'elles ne sont pas grevées par les décennies de coûts irrécupérables et les comportements et pratiques établies et ancrées auxquels doivent faire face les entreprises établies des marchés plus matures.»

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