Davie restera fermée pour une période indéterminée

Québec — Les activités de Chantiers Davie, qui devaient reprendre au début du mois prochain, sont arrêtées pour une période indéterminée à raison des problèmes financiers de son principal client, a indiqué hier le syndicat des travailleurs.

Le président de l'exécutif syndical, Paul-André Brulotte, a affirmé qu'à la suite d'une rencontre avec la direction du chantier naval, hier avant-midi, il était incapable de préciser à quelle date seront rappelés les 1100 travailleurs mis à pied temporairement en décembre.

«Pour le retour au travail, on n'est pas capables de mettre de date, a-t-il dit lors d'une entrevue. Avec une nouvelle comme ça, on ne sait plus combien de temps ça va prendre pour rattacher tout ça.»

Mardi, l'entreprise norvégienne Cecon a révélé qu'elle avait d'importantes difficultés financières qui compromettent sa capacité à payer pour les trois navires en construction aux Chantiers Davie.

Au moment de l'annonce des licenciements temporaires, il était prévu que les travailleurs soient rappelés le 19 janvier. Au début du mois cette date a été repoussée au 2 février.

Au terme d'une rencontre avec le chef de la direction du chantier naval, Steinar Kulen, M. Brulotte a indiqué qu'aucune date de retour au travail n'était sur la table.

Selon M. Brulotte, Cecon n'a pas renoncé à trouver un nouveau prêteur qui pourrait remplacer la banque qui a révoqué un prêt de 200 millions $US, compromettant ainsi ses engagements envers Chantiers Davie.

«Les conséquences, s'ils n'ont pas de financement, on peut imaginer bien des choses, a-t-il dit. À ce qu'on me dit, ils sont très, très confiants que Cecon trouve le financement. Alors on va s'accrocher à ça pour les jours qui viennent.»

Le syndicat croit que si le client réussit, les employés pourraient être rappelés, mais certainement pas à la date prévue.

Actuellement, cinq navires sont en construction au chantier naval, dont trois pour Cecon.

Refinancement

Les difficultés de Cecon s'ajoutent aux propres problèmes de Davie, qui tente toujours de compléter un plan de refinancement de 90 millions, reposant en grande partie sur l'engagement de ses deux clients à payer davantage pour les bateaux qu'ils ont commandés en raison de la hausse du coût des matériaux.

Faute de liquidités et de matériaux, l'entreprise avait mis à pied temporairement ses employés en décembre.

À la Bourse de Toronto, hier, le titre de Davie se transigeait à 8,5 ¢, en baisse de 3,5 ¢, soit 29 %.

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