Marchés boursiers - Les institutions financières gâchent la journée d'Obama

Des écoliers agitent des drapeaux américains pendant que des dignitaires du NYSE sonnent la cloche marquant l’ouverture des échanges à la Bourse de New York. Pour souligner l’investiture du président Barack Obama, la cérémonie quotidienne a ex
Photo: Agence France-Presse (photo) Des écoliers agitent des drapeaux américains pendant que des dignitaires du NYSE sonnent la cloche marquant l’ouverture des échanges à la Bourse de New York. Pour souligner l’investiture du président Barack Obama, la cérémonie quotidienne a ex

En Bourse, la réalité économique a eu préséance, hier, sur l'investiture de Barack Obama. Les principaux indices ont évolué en territoire négatif tout au long de la séance, l'état de santé des grandes banques revenant au premier plan des préoccupations des investisseurs.

Wall Street et Bay Street réagissaient encore hier au deuxième plan de soutien offert aux banques britanniques, dans la foulée de cette annonce d'une perte historique, de 52 milliards $CAN, attendue pour Royal Bank of Scotland. En cette journée d'entrée en fonction officielle du président Barack Obama, la moyenne des 30 industrielles de Dow Jones a reculé de 332,13 points, ou de 4 %, pour clore à 7949,09. L'évolution de cet indice, qui était remontée au-dessus des 9000 points au début de janvier, témoigne de cette réalité économique et financière qui revient à l'avant-scène en ces lendemains de l'élection du nouveau président américain.

Plus large et plus représentatif, le S&P 500 a abandonné 5,3 %, ou 44,90 points, pour clôturer à 805,22.

Pour Peter Cardillo, d'Avalon Partners, «les problèmes sont les mêmes que sous l'ancienne administration». L'«effet Obama» a été balayé par la chute des valeurs bancaires, dans le sillage de la dégringolade de la banque britannique RBS, qui avait perdu 70 % lundi à la Bourse de Londres. Fermée la veille pour cause de jour férié, Wall Street a dû encaisser un choc amplifié hier. Les trois banques de l'indice Dow Jones ont vécu un calvaire. Bank of America, dont la note à été dégradée par l'agence de notation Moody's après ses premières pertes trimestrielles en 17 ans, a ouvert le bal, chutant de 29 %, pour tomber à 5,10 $US. Sa concurrente Citigroup, qui vient d'aligner son cinquième trimestre déficitaire d'affilée, est tombée à 2,80 $US (-20 %). JPMorgan Chase a perdu 21 %.

À Toronto, l'indice S&P/TSX a fait écho à ce plongeon en se repliant de 336,55 points, ou de 3,8 %, à 8504,93. Le manque de confiance des investisseurs envers le secteur bancaire et dans la stabilité des marchés financiers a été le facteur dominant de la séance. La Banque du Canada a également contribué à la morosité générale en accompagnant la diminution de 50 points de base de son taux directeur — ramené à son niveau historique de 1 % — d'une prévision chiffrant la contraction du PIB à 1,2 % en 2009. Le marché n'a pas réagi à ce volet de la prévision, faisant ressortir un fort rebond de l'activité économique en 2010, à 3,8 %.

Le dollar canadien a également répondu à la dépression économique en poursuivant sa glissade. Il a fermé hier à 78,89 ¢US, en baisse de 81 centièmes par rapport au billet vert. Fortement sensible aux aléas du cours des matières premières, le dollar a également subi hier l'influence de cette statistique indiquant que les ventes des manufacturiers canadiens ont reculé de 6,4 % entre octobre et novembre. Il s'agit d'une quatrième baisse mensuelle d'affilée et du niveau de ventes le plus bas depuis décembre 2004.

Avec l'Agence France-Presse