Enquête trimestrielle de la Banque du Canada

Ottawa — Les chefs d'entreprise du Canada sont beaucoup plus pessimistes quant aux perspectives pour leur société au cours de l'année qui débute et estiment que l'obtention de crédit est devenue un problème significatif pour eux, a affirmé hier la Banque du Canada.

L'enquête trimestrielle sur les perspectives des entreprises de la banque centrale révèle que le moral dans les communautés d'affaires canadiennes est à un creux — les chefs n'ont pas été aussi pessimistes en plus d'une décennie — par rapport à la crise financière mondiale et au ralentissement économique.

Les compagnies s'attendent à voir leurs ventes ralentir et à voir les prix de leurs produits grimper plus lentement, tandis que leurs effectifs devraient être réduits cette année. Les entreprises signalent aussi que les conditions de crédit se sont resserrées significativement au cours des trois derniers mois.

Étant donné les sombres perspectives économiques, les résultats de l'enquête effectuée auprès d'une centaine d'entreprises à travers le Canada étaient prévisibles. L'importance du pessimisme a cependant de quoi surprendre.

Les sociétés ont été interrogées entre le 14 novembre et le 12 décembre, après l'écroulement des marchés de la fin septembre et l'annonce que les États-Unis et le Canada étaient en récession.

«Les indicateurs affichent presque tous leur plus bas niveau depuis la tenue de la première enquête, en 1997», a affirmé la Banque du Canada.

Pas moins de 57 % des entreprises s'attendent à voir le volume de leurs ventes augmenter à un taux inférieur à celui des 12 derniers mois, contre 23 % des sociétés qui sont optimistes à cet égard — le pire solde des opinions à ce sujet depuis 1997.

Le solde des opinions par rapport aux intentions d'embauche a aussi été négatif pour la première fois de l'histoire de l'enquête. Les intentions d'embauche sont plus faibles dans le secteur des biens que dans celui des services.

Crédit difficile

Près des deux tiers des firmes interrogées ont rapporté un durcissement des conditions de crédit, la majorité imputant le plus grand changement à ce chapitre à la hausse des coûts de l'emprunt. Dans une enquête distincte menée auprès des responsables du crédit, la banque fait état de la poursuite du resserrement généralisé des conditions du crédit, principalement en raison des faibles perspectives économiques.

«Le solde des opinions indiquant un resserrement atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré depuis 1999», note la banque centrale dans les résultats de l'enquête sur les responsables du crédit. «Le resserrement a été signalé tant pour les modalités tarifaires que non tarifaires des prêts aux entreprises», a-t-elle ajouté, laissant entendre que les entreprises font face à deux problèmes simultanés, soit celui de débourser davantage pour leurs prêts, en plus de celui d'avoir plus de difficultés à obtenir les prêts dont ils ont besoin pour subvenir à leurs besoins.