États-Unis - GMAC desserre le crédit automobile

New York — Les conditions d'obtention de prêts ont été assouplies dès hier par le groupe de services financiers GMAC, fraîchement renfloué par le Trésor, allumant une lueur d'espoir pour le constructeur General Motors qui a lancé des offres à taux zéro pour compléter cet effort.

Depuis le début de l'automne, il était devenu de plus en plus difficile pour les Américains d'obtenir un crédit à l'achat de voiture, ce qui aggravait l'effondrement du marché.

«Beaucoup de consommateurs qui, ces derniers temps, avaient l'intention d'acheter une voiture avaient du mal à obtenir de crédit et devaient partir les mains vides de chez les concessionnaires, mais maintenant ce programme va les ramener et aura un impact significatif sur les ventes de GM», a prédit Jesse Toprak, un analyste du site d'informations spécialisé Edmunds.com.

GMAC a annoncé hier que les exigences de solvabilité des clients, mesurée en points aux États-Unis, étaient ramenées à 621 points au lieu de 700 points, par rapport à une note maximale de 800.

GMAC, pour rassurer des investisseurs échaudés par les crédits à risque, avait retenu le seuil des 700 points il y a deux mois, mais avait de ce fait réduit le nombre d'acheteurs potentiels de voitures dans un marché déjà sinistré. Le relâchement de ses exigences «devrait appuyer les efforts faits pour stabiliser le secteur automobile américain», a souligné dans un communiqué le directeur général de GMAC, Bill Muir. Cette mesure a été très bien accueillie à la Bourse de New York, où le titre GM a gagné 5,56 %, à 3,80 $US.

Selon M. Toprak, «les consommateurs bénéficiant d'un credit score compris entre 621 et 700 points représentent près de 40 % des acheteurs de voitures neuves», et «une large part des clients de GM».

Au total, 42 % des consommateurs américains ont leur solvabilité notée à 699 points ou moins.

GMAC, qui a bénéficié lundi d'un plan de renflouement de six milliards $US du Trésor américain, a expliqué hier que cette aide gouvernementale avait «un effet immédiat et significatif sur [sa] capacité à accorder du crédit aux clients automobiles».

General Motors a d'ailleurs annoncé qu'il s'appuyait sur GMAC pour offrir des conditions de financement exceptionnelles jusqu'à lundi, avec des taux zéro sur cinq ans pour trois modèles de 4X4 et deux berlines Saab, ainsi que des taux réduits sur de nombreux autres modèles.

Un marché sinistré

Le numéro deux mondial de l'automobile, qui a dû réclamer une aide fédérale d'urgence pour passer l'année, se débat dans un marché sinistré, qu'il juge le pire depuis 50 ans, avec un recul de ses ventes de 41 % sur un an en novembre.

GMAC, jusque-là contrôlé à 49 % par General Motors et à 51 % par le fonds Cerberus, propriétaire de Chrysler, a obtenu la semaine dernière le statut de banque, lui permettant d'accéder aux fonds dégagés dans le cadre du plan de sauvetage du système financier.

Lundi, le Trésor a annoncé qu'il le recapitalisait à hauteur de cinq milliards, tandis que GM obtenait un prêt d'un milliard pour participer à l'effort de redressement de son ancienne filiale de financement.

Les conséquences d'une éventuelle faillite de GMAC étaient considérées comme potentiellement catastrophiques pour les constructeurs automobiles et leurs concessionnaires, dans un pays où quelque 90 % des achats de voiture sont effectués à crédit.

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