Bernard Madoff doit fournir la liste de ses avoirs

Accusé d’une fraude de 50 milliards $US, le financier bernard Madiff est maintenant assigné à résidence et a remis son passeport aux autorités américaines.
Photo: Agence Reuters Accusé d’une fraude de 50 milliards $US, le financier bernard Madiff est maintenant assigné à résidence et a remis son passeport aux autorités américaines.

New York — Le financier Bernard Madoff, accusé d'une fraude gigantesque portant sur quelque 50 milliards $US, a jusqu'à aujourd'hui pour remettre à la justice la liste de ses avoirs, aux États-Unis et à l'étranger, tandis que les tribunaux examinent plusieurs autres plaintes.

Cet inventaire a été requis par la SEC, le gendarme boursier américain qui a porté une plainte civile contre l'escroc, arrêté le 11 décembre dernier.

Le gouvernement américain a également entamé une action en justice sur le plan pénal contre Bernard Madoff, 70 ans, qui est en liberté sous la garantie d'une caution de 10 millions $US. Il est assigné à résidence 24 heures sur 24 à son domicile de Manhattan, a remis son passeport aux autorités et porte un bracelet électronique, tandis que sa femme a gagé des biens qu'elle possède à New York et en Floride.

Selon la requête de la SEC, la liste doit comprendre «comptes bancaires, investissements, intérêts financiers, prêts, lignes de crédit, propriétés réelles et personnelles», où qu'elles se trouvent, incluant biens immobiliers, oeuvres d'art, véhicules automobiles, bijoux et autres valeurs «détenues ou contrôlées par Bernard Madoff».

Hier, le tribunal chargé de la liquidation des sociétés de M.Madoff a autorisé l'utilisation de 28 millions $US figurant sur l'un de ses comptes bancaires bloqués de l'homme d'affaires pour régler notamment les salaires des plus de cent personnes employées dans sa société de courtage, qui avait une activité légale.

Irving Picard, l'administrateur judiciaire chargé de la liquidation des sociétés de l'homme d'affaires, a estimé que cette somme était nécessaire pour payer les salaires des employés et couvrir les autres frais, selon les documents du tribunal.

La Bank of New York Mellon, où Bernard Madoff possédait un compte, a accepté de verser ces fonds, mais le juge Burton Lifland devait au préalable approuver ce transfert d'argent, ce qu'il a fait hier.

Richard Bernard, l'un des avocats représentant Irving Picard à l'audience, a expliqué que les fonds transférés n'affecteraient pas l'indemnisation des investisseurs floués, cet argent étant pris sur un compte déjà gelé. L'enquête se poursuit pour savoir si Bernard Madoff ne disposait pas d'autres comptes qui n'ont pas encore été bloqués, a précisé M. Bernard.

La Bank of New York Mellon avait déjà transféré environ 883 000 $US pour couvrir des frais liés à la procédure de liquidation.

Bernard Madoff est pour l'instant le seul accusé dans cette affaire, sur laquelle plusieurs enquêtes sont en cours.

Certaines victimes atteintes indirectement, parce qu'elles avaient confié leurs avoirs à des financiers qui se sont ensuite tournés vers Madoff, se sont également adressées aux tribunaux pour demander une extension de la protection des investisseurs par la SICP, une agence fédérale qui protège contre les fraudes boursières dans un nombre de cas limités.

La fraude Madoff a consisté à fournir pendant des décennies de faux comptes faisant ressortir d'importants profits à des dizaines d'investisseurs à travers le monde incluant notamment des banques, des grosses fortunes, des universités ou des organisations caritatives.

Connue sous le nom de «schéma de Ponzi», cette fraude a déjà entraîné le suicide à New York la semaine de Noël d'un financier français, Thierry de la Villehuchet, qui avait exposé ses clients aux investissements Madoff à hauteur de 1,3 milliard $US.

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