Perspectives 2009 - Une année de changement attend les géants des télécoms Bell et Rogers

Toronto — Si 2008 a été une année dramatique pour les deux plus grandes sociétés de télécommunications canadiennes, Bell Canada et Rogers Communications, 2009 promet d'être des plus uniques, alors que plusieurs surveilleront de près l'impact de la récession sur un secteur qui devrait connaître plusieurs changements.

Les dernières semaines de l'année qui s'achève ont apporté de difficiles nouvelles pour les deux entreprises, avec l'échec de l'offre de 52 milliards de dollars pour le rachat de BCE — la société mère de Bell Canada — et la mort de Ted Rogers, fondateur du géant des communications et des sports qu'est Rogers.

D'une certaine façon, les deux nouvelles ont envoyé les compagnies dans les limbes, leurs dirigeants respectifs ayant été forcés de se rencontrer derrière des portes closes pour discuter de leur approche pour la nouvelle année.

BCE a affirmé qu'elle se concentrerait davantage sur les paiements de dividendes aux actionnaires qu'au remboursement de la dette, et qu'elle investirait des millions de dollars pour effectuer une mise à jour de sa technologie.

Rogers a quant à elle indiqué se trouver dans une «période de transition» avant l'annonce du successeur de Ted Rogers, qui est resté le président et chef de la direction de son entreprise jusqu'aux derniers mois de sa vie. Son remplaçant devrait être nommé en janvier.

Changements extrêmes

«Nous sommes simplement dans une période de changements extrêmes», a observé le stratège d'affaires Eamon Hoey, de Hoey Associates Management Consultants Inc. «L'industrie des télécommunications est altérée de façon indélébile. La vraie question qui se pose pour ces deux entreprises est de savoir comment elles s'adapteront.»

Sans compter que de nouveaux concurrents sans fil cognent à la porte du marché, et ceux-ci pourraient se manifester auprès des consommateurs dès 2010.

Tout cela signifie que le temps presse pour les deux géants, qui doivent s'attendre à une guerre de prix lorsque ces nouveaux noms se feront connaître auprès des Canadiens, parmi les plus grands utilisateurs de téléphonie cellulaire au monde.

La menace de nouveaux concurrents sérieux est cependant peut-être exagérée puisque la plupart d'entre eux semblent avoir de la difficulté à mettre leurs projets en branle, ont noté des observateurs du secteur.

Plus tôt cette année, le gouvernement fédéral a procédé à une vente aux enchères pour les licences du spectre sans fil, dont une portion était réservée aux nouveaux venus sur le marché. Ces nouveaux joueurs doivent cependant affronter un certain nombre de pépins dans leur financement, miné par les craintes liées à la récession et les difficultés du marché du crédit.

Les nouvelles entreprises «tentent actuellement d'amasser du capital. Mais dans ce marché, si vous êtes à la recherche de n'importe quoi au-dessus de 500 millions de dollars, vous n'aurez tout simplement pas de chance», a estimé M. Hoey. «Mais la simple menace d'une nouvelle entrée sur le marché du sans-fil va certainement influencer la façon dont [les compagnies des télécoms] se comportent.»

Bell affirme avoir déjà dépensé environ 2,5 milliards de dollars en capital, dont plus de 70 % dans ses plans pour l'expansion de son réseau sans fil à large bande.

La société montréalaise s'est aussi engagée à développer des réseaux sans fil de troisième et quatrième génération avec Telus, en vertu d'un accord pour lequel Telus déboursera environ 750 millions des coûts.

Telus, autrefois considéré comme un acheteur potentiel de BCE, travaille pour sa part à accroître sa propre présence sur le marché. En 2009, la société prévoit afficher une croissance de 6,5 % de ses ventes, lesquelles devraient atteindre 10 milliards .

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