Le pétrole recule à New York

New York — Les prix du pétrole se sont repliés hier, effaçant une partie de leurs gains de la veille malgré l'offensive d'Israël qui se poursuivait dans la bande de Gaza mais restait sans conséquence sur l'offre d'or noir.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en février a fini à 39,03 $US, en baisse de 99 ¢US par rapport à son cours de clôture de la veille. Il s'était renchéri lundi de 2,31 $US, le marché s'inquiétant de la dégradation de la situation au Proche-Orient.

L'armée israélienne poursuivait ses raids aériens sur Gaza hier, qui ont fait près de 370 morts depuis samedi, et les forces terrestres israéliennes se tenaient prêtes pour intervenir.

«Il n'y a pas de pétrole» dans la zone, a relevé Adam Sieminski, analyste pour la Deutsche Bank. «Le conflit pourrait avoir un impact [sur le marché du pétrole] uniquement s'il se passait quelque chose entre Israël et l'Iran. Ce n'est pas très probable», selon lui. L'Iran est le deuxième pays exportateur au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Pour l'analyste indépendant Ellis Eckland, aucune perturbation de la production n'était à entrevoir.

«Le marché reste sous pression», a jugé M. Eckland, qui a cité des «stocks [de produits pétroliers] élevés» et la dégradation de l'économie mondiale, qui pèse sur la demande. Les investisseurs s'attendent à l'annonce d'une nouvelle hausse des stocks de produits pétroliers aux États-Unis dans les statistiques hebdomadaires qui seront publiées aujourd'hui.

À la Bourse

Sur les marchés boursiers, malgré la baisse des cours du brut, le secteur torontois de l'énergie a gagné 2,1 %, permettant à l'indice-vedette de la Bourse de Toronto d'enregistrer un gain de plus d'une centaine de points pour une deuxième séance consécutive.

Les marchés new-yorkais ont aussi clôturé en forte hausse après que le département américain du Trésor eut annoncé un investissement de cinq milliards $US dans la branche financière du constructeur automobile General Motors.

«Les investisseurs font un pas en arrière et réalisent que cela va permettre aux acheteurs de financer leur automobile et ajouter des liquidités sur le marché», a noté Jack Albin, chef des investissements chez Private Bankin New York.

À une séance de la fin de l'année 2008, l'indice composite torontois S&P/TSX a terminé les échanges en hausse de 193,43 points, à 8830,72 points. La Bourse de croissance TSXV a aussi avancé, de 30,07 points, à 773,06. Le dollar canadien a quant à lui reculé de 0,17 ¢, à 81,9 ¢US.

Sur Wall Street, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a avancé de 184,46 points, à 8668,39 points. L'indice de référence S&P500 a pour sa part pris 21,22 points, à 890,64 points, tandis que l'indice composite du Nasdaq a gagné 40,38 points, à 1550,7 points.

La progression des marchés américains s'est produite malgré la publication, par le Conference Board américain, de données faisant état de la pire confiance des consommateurs jamais enregistrée pour le mois de décembre. L'indice a reculé à 38, tandis que les économistes attendaient un score de 45.

L'indice des prix des maisons américaines Standard & Poors's-Case-Shiller pour 20 villes a aussi reculé de 19,1 % en octobre par rapport à l'an dernier, sa plus forte chute en 21 ans d'existence.

«C'est relativement encourageant de voir que les marchés ont tenu le coup», a noté Subodh Kumar, stratège en investissements chez Subodh Kumar & Associates, ajoutant qu'il s'attendait à ce que les transactions fassent encore preuve de volatilité jusqu'à la mi-2009.

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