Économie - La monnaie unique européenne fêtera ses 10 ans le 1er janvier

La Slovaquie doit se joindre à son tour à la zone de la monnaie unique européenne dans quelques jours, ce qui portera le nombre de pays de la zone euro à seize.
Photo: Agence Reuters La Slovaquie doit se joindre à son tour à la zone de la monnaie unique européenne dans quelques jours, ce qui portera le nombre de pays de la zone euro à seize.

Francfort, Allemagne — Il y a 10 ans, l'Union européenne a lancé en fanfare sur les marchés financiers l'euro, la première monnaie unique du continent. Après des débuts difficiles, la plupart des économistes sont d'accord pour dire que l'euro est un succès et qu'il a permis de faire baisser les taux d'emprunt, de faciliter les échanges commerciaux et le tourisme, de doper la croissance et de renforcer l'espace européen.

Quand l'euro a été lancé, le 1er janvier 1999, 11 pays l'ont adopté: l'Autriche, la Belgique, la Finlande, la France, l'Allemagne, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et l'Espagne. Il a été utilisé uniquement sur les marchés financiers pendant trois ans, avant la mise en circulation des billets et des pièces le 1er janvier 2002. Chypre, Malte, la Grèce et la Slovénie ont rejoint la zone euro. La Slovaquie doit adopter à son tour la monnaie unique européenne le 1er janvier 2009, ce qui portera à seize le nombre des pays de la zone euro.

Un ancien membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), Otmar Issing, estime que l'attrait de l'euro repose sur sa capacité à fournir une stabilité et un abri par rapport aux crises mondiales. «L'euro est une monnaie stable, les risques d'inflation étaient sous contrôle dès le départ», a-t-il dit dans un entretien donné à l'Associated Press.

Depuis l'adoption de l'euro, l'inflation dans la zone est tombée à environ 2 %, inférieure à la moyenne de 3,5 % dans les années 1990 et bien plus basse que les 7,5 % atteints dans les années 1980.

Certains des pays extérieurs à la zone euro, comme l'Islande ou la Hongrie, qui n'a pas réuni les conditions nécessaires pour y entrer, ont vu la valeur de leur monnaie s'effondrer avec la crise financière et ont été obligés de demander l'aide du Fonds monétaire international (FMI) pour se renflouer.

Un nouveau contexte

Désormais, en Suède et même en Grande-Bretagne, traditionnellement très eurosceptique, certains commencent à reconsidérer la question de l'adoption de l'euro.

Les principales plaintes des gouvernements envers la monnaie unique concernent la politique de taux d'intérêt commun, décidée par la BCE, qui ne permet pas aux pays d'adapter leur taux en fonction de leur situation économique.

Mais le plongeon de la monnaie, juste après sa naissance, est aujourd'hui oublié. L'euro, à 1,18 $US à son lancement, ne valait plus que 0,82 $US en octobre 2000. La BCE et la Réserve fédérale américaine ont dû intervenir sur le cours des devises pour le consolider.

Depuis, il s'est renforcé et valorisé, atteignant un pic à 1,6038 $US cette année. Il tourne désormais autour de 1,40 $US et a fortement augmenté par rapport à la livre britannique.

L'euro «a aidé les gouvernements à s'embarquer dans des réformes fiscales et du marché du travail qui étaient absolument nécessaires», a souligné Randall Filer, professeur de sciences économiques à l'Université de Prague et au collège Hunter de New York. Selon lui, l'euro est devenu «un bouc émissaire pratique» pour faire passer des réformes économiques.

Environ 15 millions de nouveaux emplois ont été créés au cours des six dernières années, grâce à la facilitation des échanges commerciaux et du tourisme. L'euro a aussi encouragé l'investissement étranger. Les pays utilisant la monnaie européenne bénéficient d'un marché obligataire plus vaste et plus efficace, avec un moindre risque d'inflation et de dévaluation de la monnaie.

La zone euro — à 15 pays — représente 16,4 % du PIB mondial, à comparer avec les États-Unis (21,6 %) et la Chine (10,9 %). Avec l'arrivée de la Slovaquie, la monnaie sera utilisée par 330 millions d'habitants dans une zone dont le produit intérieur brut représentera plus de 4000 milliards de dollars américains.

Les nouveaux membres de l'Union européenne, tels que la Pologne, la République tchèque et les pays baltes, ont entamé le processus d'atteinte des critères nécessaires pour rejoindre la zone euro, mais la crise économique a repoussé cette échéance pour l'instant.

L'euro représente désormais 25 % des réserves en devises étrangères dans le monde, ce qui le place en deuxième position, uniquement devancé par le dollar.

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