Marchés boursiers - Tirée par GMAC, Wall Street finit en hausse

New York — La Bourse de New York a terminé en hausse hier, au terme d'une séance où le volume d'actions a été très faible, et soutenue par l'annonce du statut de banque accordé à GMAC: le Dow Jones a pris 0,6 % et le Nasdaq 0,4 %. À Toronto, le parquet était fermé hier.

Le Dow Jones a gagné 47,07 points, à 8515,55 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 5,34 points, à 1530,24 points, selon les chiffres définitifs de clôture. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a avancé quant à lui de 0,5 % (4,65 point), à 872,80 points.

«Il n'y a eu aucun chiffre économique, et les nouvelles étaient maigres», ont constaté les analystes de Charles Schwab. Les indices se sont frayé un chemin en hausse, dans une séance peu animée et où les échanges ont été très faibles.

Les marchés européens étaient fermés, ce qui a aussi contribué à limiter les échanges.

Le marché s'est montré soulagé par l'annonce concernant GMAC. La Réserve fédérale, ayant recours à des mesures d'urgence, a accordé le statut de banque à la filiale du fonds d'investissement Cerberus (51 % du capital) et du constructeur automobile General Motors (49 %), en grande difficulté financière.

Le soutien apporté à GMAC, annoncé mercredi, a soutenu le cours de General Motors, mis à mal en cette fin d'année par les incertitudes sur son avenir. General Motors a affiché de loin la plus forte hausse du Dow Jones, grimpant de 12,6 % à 3,66 $US, entraînant dans son sillage Ford (+8,5 % à 2,29 $).

La décision de la Fed va permettre à GMAC de se recapitaliser avec des fonds publics, via le plan Paulson de sauvetage du système financier. Ce développement est salutaire pour General Motors, car une éventuelle faillite de GMAC aurait pu lui porter un coup fatal.

Le marché obligataire est monté. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans s'est replié à 2,14 %, contre 2,18 % mercredi soir, et celui à 30 ans à 2,61 % contre 2,66 %.

L'attente

La Bourse de New York, qui a fini en baisse une semaine écourtée, attend de voir si la traditionnelle hausse de fin d'année va être respectée, maigre consolation après une année catastrophique. «La semaine prochaine aura encore probablement des volumes d'échanges peu étoffés, c'est difficile d'y accorder un véritable crédit. Il va falloir attendre que le Nouvel An soit passé avant que la partie ne reprenne véritablement», a souligné Art Hogan, de Jefferies.

Sur la semaine écoulée, peu animée avec la fermeture des marchés financiers jeudi pour les fêtes de Noël, le Dow Jones a cédé 0,7 %. Ses évolutions ont été très réduites, la plus marquée ayant été une baisse de l'indice vedette de 1,2 %, mardi.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a de son côté reculé de 2,2 %, et l'indice élargi Standard and Poor's 500 de 1,7 %.

Le mois de décembre s'avère fragile, le Dow Jones cédant 3,6 % depuis le premier du mois, malgré la tradition qui veut que le dernier mois de l'année soit favorable au marché des actions, même en période de crise.

Les observateurs du marché attendent encore de voir si la «hausse de Noël», qui court habituellement sur les cinq dernières séances de l'année et sur les deux premières de l'année suivantes sera respectée. Point positif, selon Art Hogan, le marché «a obtenu des réponses aux questions qu'il se posait: ce qui va se passer à Detroit, comment la Réserve fédérale fait face, ou encore à quoi ressemble le plan de relance» de l'économie américaine.

Mais pour Gregori Volokhine, de Meeschaert New York, «beaucoup de gens cherchent encore la sécurité du +cash+», alors que les nouvelles qui tombent continuent d'être mauvaises. Les statistiques publiées mardi ont plombé le marché: un secteur immobilier qui ne se reprend pas et un recul confirmé de 0,5 % du PIB des États-Unis au troisième trimestre.

Les investisseurs resteront encore vigilants la semaine prochaine, qui verra la publication de l'indice de confiance des consommateurs de l'université du Michigan mardi, et vendredi l'indice ISM de l'activité industrielle pour décembre. Si le premier pourrait s'avérer supérieur aux attentes, sous l'effet de la baisse des prix de l'essence, de l'arrivée d'une nouvelle administration à la tête des États-Unis ou encore des fêtes de Noël, le second indice devrait confirmer une dégradation continue, estime Art Hogan.

L'ambiance restait dans ces conditions toujours morose, car même si certaines réponses ont été apportées, l'avenir reste incertain.

«Quand verra-t-on des comparaisons positives dans les statistiques économiques ? Combien de temps cela va prendre avant que le plan de relance (du président élu) Barack Obama ne fasse un effet sur le marché ?», s'interroge Gregori Volokhine.

Le marché attend par ailleurs avec impatience des détails sur le plan de relance du président élu. «La question, c'est de voir comment ce plan va être articulé, pour pouvoir en tirer des conclusions pour la Bourse, pouvoir sélectionner les valeurs qui pourront en bénéficier», explique M. Volokhine.

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