Fusions et acquisitions - 2008, année des occasions perdues

New York — Pour la plupart des banquiers d'investissement, l'année 2008 conservera un goût saumâtre, ne serait-ce que par toutes les commissions qu'ils auraient pu toucher mais auxquelles ils ont dû renoncer.

Plus de 1100 transactions ont été annulées ou ont échoué en 2008 de par le monde, un nombre jamais atteint auparavant, contre un peu moins de 800 en 2007, l'activité des fusions et acquisitions chutant de 35 %, selon des données de Thomson Reuters. La valeur globale des transactions abandonnées en 2008 représente près de 800 milliards de dollars. Les banques de ce fait ont perdu plus de 815 millions de dollars en commissions.

Parmi ces opérations, figurent l'offre de 188 milliards de dollars de BHP Billiton sur Rio Tinto, celle d'un groupe de fonds de capital investissement sur l'opérateur télécoms canadien BCE ou encore l'offre hostile de Microsoft sur Yahoo .

Il se trouve donc que les premiers au classement mondial des intermédiaires en fusions et acquisitions (M&A) sont aussi ceux qui ont subi le plus gros manque à gagner. JPMorgan Chase, deuxième du classement des M&A en 2008, est le premier pour ce qui concerne les commissions perdues, avec un total estimé à 72,6 millions par Thomson Reuters. Goldman Sachs, premier du classement des M&A cette année, arrive en second pour les commissions parties en fumée avec un montant de 63,7 millions. Morgan Stanley, Citigroup et Lazard complètent le palmarès des cinq plus grosses pertes de commissions de l'année.

Malgré tout, 2009 donne des raisons d'espérer, selon James Stynes, responsable des fusions et acquisitions internationales chez Deutsche Bank Securities.

«Les annulations s'expliquent par les fluctuations d'une ampleur totalement imprévue de divers marchés, obligataire, boursier; mais tout ça, c'est du passé», explique-t-il. «On fera des affaires en ayant conscience que le crédit est exceptionnellement rare et que le marché est très instable. On anticipera cela et il est donc probable que les transactions qui seront conclues seront structurées en fonction de tous ces paramètres.»

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