Le gouvernement japonais juge que la situation économique se dégrade

Tokyo — Le gouvernement japonais a encore dégradé hier son diagnostic sur l'économie nationale, estimant que la situation «empire», un terme qui n'a pas été employé depuis 2002 dans son rapport mensuel.

Pour la troisième fois de suite, l'exécutif nippon a porté un jugement plus pessimiste que le mois précédent, en raison de la détérioration de la conjoncture mondiale qui affecte divers secteurs «à un rythme exceptionnellement élevé». «Plusieurs facteurs négatifs pourraient rendre la récession plus profonde et plus longue», s'est inquiété un responsable ministériel cité par les médias.

Le gouvernement a porté un jugement des plus pessimistes sur plusieurs volets, signalant que les dépenses d'investissement «décroissent» et que la production et les bénéfices des entreprises «chutent fortement», notamment en raison de la baisse des expéditions de marchandises à l'étranger, manifestes depuis deux mois. «La situation s'aggrave rapidement sur le front de l'emploi», écrit-il aussi.

Le Japon, déjà entré en récession, a subi en novembre un effondrement sans précédent de ses exportations et un deuxième déficit commercial mensuel d'affilée, en raison de la dégringolade de la demande aux États-Unis, en Europe et même en Chine, pays intermédiaire d'assemblage de produits japonais en grande partie destinés à l'Occident.

L'exécutif nippon craint une aggravation de la situation économique à l'étranger qui, couplée aux fluctuations erratiques sur les marchés d'actions et des changes, pénaliserait encore plus le Japon dont la santé dépend beaucoup des exportations.

La semaine dernière, l'enquête trimestrielle Tankan de la Banque du Japon a montré une violente chute du moral des entreprises, une perte de confiance particulièrement sévère dans le monde industriel (secteurs de l'automobile et de l'électronique en tête).

Pour tenter de minimiser les effets de la chute de la demande extérieure sur l'emploi et la production des usines, et stimuler la consommation intérieure, le gouvernement japonais a déjà lancé plusieurs trains de mesures dispendieuses, mais les économistes ont tendance à penser qu'elles ne sont toujours pas à la hauteur de la gravité de la situation.

À voir en vidéo