Marchés boursiers - Le secteur financier aide Toronto

La Bourse de Toronto a effectué une remontée en fin de journée et a clôturé en hausse grâce à une bonne performance du secteur financier, et ce, malgré le pessimisme autour de l'économie et les faibles cours des matières premières.

L'indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto a pris 59,21 points, à 8117,03. Le dollar canadien a gagné 44 centièmes, à 78,68 ¢US, malgré les mauvais chiffres sur l'emploi.

À New York, la Bourse a fini en forte hausse hier à l'issue d'une nouvelle séance volatile, malgré la progression fulgurante du chômage aux États-Unis, grâce à un rebond des valeurs financières: le Dow Jones a gagné 3,1 %, et le Nasdaq, 4,4 %. Selon les chiffres définitifs de clôture, le Dow Jones a pris 259,18 points, à 8635,42 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 63,75 points, à 1509,31 points. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a quant à lui progressé de 3,7 % (30,85 points), à 876,07 points.

En forte baisse à l'ouverture, le Dow Jones a effacé plus de 250 points de pertes pour décoller en fin de séance, dans un volume étoffé.

«Les chiffres de l'emploi sont ressortis plus mauvais que prévu, mais le fait que l'économie se porte mal ne devrait plus être un choc» pour les investisseurs, a jugé Owen Fitzpatrick, analyste de la Deutsche Bank, en référence à la kyrielle de mauvais indicateurs récemment publiés. Par ailleurs, «les interventions du gouvernement en soutien à l'économie commencent à avoir un effet [...]. On voit par exemple les taux hypothécaires qui baissent», a expliqué M. Fitzpatrick.

Pour Frederic Dickson, de DA Davidson, la bonne tenue du marché «suggère que les investisseurs ont intégré des perspectives spectaculairement dégradées pour l'économie et les résultats des sociétés pour l'année prochaine».

Ayant à peu près résisté à un déluge de nouvelles économiques épouvantables, la Bourse de New York peut espérer consolider ses positions la semaine prochaine, a priori plus calme, sans être toutefois à l'abri d'une nouvelle mauvaise surprise.

«Un marché effroyablement volatile et difficile» a fait repartir les indices à la baisse lors de la première semaine de décembre, constate Gina Martin, stratégiste chez Wachovia.

Après avoir rebondi la semaine précédente de près de 10 %, le Dow Jones est reparti à la baisse, de 2,2 %, cette semaine. Le Nasdaq a reculé de 1,7 % et l'indice élargi Standard & Poor's 500 de 2,3 %.

Entamée sur l'annonce officielle de l'entrée en récession des États-Unis lundi, journée qui s'est terminée sur une chute de 7,7 % du Dow Jones, Wall Street a vécu la semaine écoulée sur les nerfs dans l'attente des chiffres de l'emploi, hier, qui se sont révélés encore pire qu'attendu. «Les données sont atroces. Chaque nouvel indice est pire que les prévisions», constate Art Hogan, de Jefferies. Pourtant, l'analyste reste positif, car, a-t-il remarqué, dans les moments calmes le marché pousse à la hausse, comme mardi (+3,3 %) et mercredi (+2,1 %), et même face à un demi-million de destructions d'emplois, hier (+3,1 %).

La semaine à venir

Sur le papier, les indices publiés la semaine prochaine — promesses de ventes de logements (mardi), demandes hebdomadaires d'allocation chômage et prix à l'importation (jeudi), prix à la production et confiance des consommateurs (vendredi) — ne devraient pas avoir d'impact trop important sur Wall Street. Il faudra toutefois garder un oeil vendredi sur les ventes de détail, qui devraient logiquement chuter avec l'intensification de la récession. Et «la grande inconnue», comme le souligne Art Hogan, reste le sort des constructeurs automobiles, Ford, General Motors et Chrysler, qui ont de nouveau plaidé pour un sauvetage sur fonds publics devant le Congrès.

Le dilemme pour les investisseurs, selon le stratégiste de Jefferies, est de déterminer si le marché a déjà intégré dans les cours toutes les mauvaises nouvelles, ce que pourrait suggérer la hausse d'hier. Car si certains pensent que le pire est passé, d'autres estiment au contraire que les nouvelles vont continuer à être très négatives. «Ces deux camps sont en compétition et amènent le marché à évoluer dans une fourchette limitée», selon Gina Martin, qui se montre assez pessimiste.

Cette attitude a fait le bonheur du marché obligataire, qui a encore progressé, par rapport à des niveaux déjà records. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans, qui évolue en sens inverse des prix, a chuté à 2,66 %, contre 2,96 % vendredi dernier. Celui du bon à 30 ans est tombé à 3,11 %, contre 3,49 %.

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