États-Unis - L'automobile encore au fond du tunnel au Congrès

Washington — Les patrons de l'automobile imploraient de nouveau hier le Congrès américain de les sauver de la faillite, alors que la classe politique réclame un plan crédible et des changements draconiens pour leur survie à long terme.

«Je m'inquiète à l'idée de voir l'argent du contribuable utilisé en faveur d'entreprises qui pourraient ne pas survivre», a déclaré le président George W. Bush lors d'une allocution télévisée hier matin à la Maison-Blanche. Appelant le Congrès à prendre une décision la semaine prochaine, il a appelé de nouveau les constructeurs à «des choix difficiles» pour prouver qu'ils peuvent «non seulement survivre, mais aussi prospérer».

L'avenir de General Motors, Ford et Chrysler, qui réclament quelque 34 milliards d'argent public pour se sortir d'une grave crise de liquidités, restait incertain face à des parlementaires souvent effrayés par le montant demandé.

Humilité

Les trois grands patrons des firmes de Detroit ont passé près de six heures jeudi devant la Commission bancaire du Sénat. Ils se sont montrés humbles, reconnaissant avoir commis des erreurs de gestion et acceptant des conditions strictes de surveillance en cas de plan de sauvetage.

Hier matin, les trois hommes ont entamé un nouveau chemin de croix devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants où ils tentaient de se montrer crédibles sur l'utilisation de fonds au cas où ils en obtiendraient du Congrès. Jeudi et hier Rick Wagoner pour GM, Alan Mulally pour Ford et Robert Nardelli pour Chrysler se sont montrés plus humbles que lors de leur première audition au Congrès le mois dernier, durant laquelle ils avaient été incapables de préciser comment ils allaient utiliser les fonds.

Le vote du Congrès n'est pas acquis, car les républicains et l'administration Bush s'opposent aux projets des démocrates, qui souhaitent ponctionner les fonds sur le plan de recapitalisation des banques de 700 milliards (TARP) voté en octobre.

Le parti du président élu Barack Obama tente de tout faire pour obtenir un compromis sur un vote, avant l'arrivée en janvier de la nouvelle administration et du nouveau Congrès à majorité démocrate renforcée. Dans une lettre adressée jeudi au président Bush, la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, et le leader de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, ont redemandé d'utiliser les fonds du TARP. «Votre décision d'utiliser les fonds du TARP, ou de travailler avec la Réserve fédérale pour fournir une aide à travers ses dispositifs de prêts existants, ou bien les deux, est indispensable pour que le Congrès puisse répondre à cette situation économique critique», écrivent-ils.

Mais l'impasse semble difficile à éviter. Comme le disait jeudi le sénateur républicain Robert Corker: «personne ne voit le bout du tunnel».

General Motors, réclame jusqu'à 18 milliards. Ford a demandé une ligne de crédit de neuf milliards, qu'il espère ne pas avoir à toucher. Chrysler réclame sept milliards.

Jeudi, l'UAW, le principal syndicat représentants les salariés des trois grands, a annoncé qu'il diffusait un spot publicitaire appelant le Congrès à voter immédiatement une aide, arguant que trois millions d'emplois pourraient être détruits sans aide publique. Le président du syndicat Ron Gettelfinger a répété au Congrès que les salariés et retraités du secteurs étaient prêts à de nouveaux «sacrifices».

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