Bombardier reste confiant

Pierre Beaudoin affirme que Bombardier surveille de près tous les facteurs qui pourraient influencer l’entreprise au cours de la crise économique actuelle.
Photo: Jacques Nadeau Pierre Beaudoin affirme que Bombardier surveille de près tous les facteurs qui pourraient influencer l’entreprise au cours de la crise économique actuelle.

Bombardier présente de «solides résultats» pour le troisième trimestre terminé le 31 octobre et se montre confiante pour l'avenir, mais elle entend surveiller de près tous les facteurs de risques qui pourraient la toucher au cours de cette crise économique et financière dont elle n'est pas en mesure pour l'instant d'évaluer l'ampleur et la durée, ainsi que l'impact sur ses deux secteurs d'activité, l'aéronautique et le transport.

«Nous surveillons de près la situation et nous allons nous ajuster aux signaux du marché», a déclaré Pierre Beaudoin, président et chef de la direction, lors de la présentation des résultats financiers d'un troisième trimestre qui montre des revenus en hausse de 8 %, pour atteindre 4,6 milliards, un bénéfice net de 245 millions en comparaison de 91 millions un an plus tôt. Cela a donné un bénéfice par action de 14 ¢ au lieu de 5 ¢. À la fin de ce trimestre, il y avait 3,3 milliards en trésorerie et un carnet de commandes de 51,9 milliards représentant 2,7 années de revenus et répartis entre toutes les activités et toutes les régions où le groupe a des installations. En outre, la compagnie n'a aucune dette à long terme importante arrivant à échéance avant l'exercice 2013. Les dirigeants de Bombardier semblent donc plutôt sereins devant cette crise qui n'a pas encore eu d'impacts importants sur les activités et la rentabilité du groupe.

Bombardier, qui a trimé dur ces dernières années pour effectuer un redressement substantiel, manifeste une grande détermination à garder le contrôle de son bilan financier, en couvrant tous les angles possibles. «Comme aucune entreprise n'est immunisée contre un ralentissement de l'économie, la société surveille de près son exposition aux risques potentiels», lit-on dans son rapport de gestion. Les principaux risques qui font l'objet d'une attention particulière sont: une baisse soutenue des niveaux de commandes, des taux d'annulation ou des reports importants de commandes qui exigeraient des rajustements des taux de production. On a aussi à l'oeil une baisse potentielle du financement disponible en faveur des clients, qui serait susceptible de limiter leur capacité à financer leurs acquisitions, des besoins plus élevés de capitalisation des régimes de retraite et une détérioration de la santé financière des fournisseurs clés.

Par exemple, à la division Transport, des équipes ont été affectées à la surveillance des risques liés aux 400 fournisseurs les plus importants, représentant 85 % des achats de matériaux. En ce qui concerne les risques provenant des clients, la division Transport est moins exposée du fait que les gouvernements, par l'intermédiaire d'entités publiques, haussent souvent leurs dépenses d'infrastructure pendant les périodes de ralentissement économique.

La division Aéronautique, qui a atteint l'objectif fixé d'une marge bénéficiaire après impôt et intérêt de 8 %, doit maintenant atteindre un nouvel objectif de 12 % d'ici 2013. Il y a eu néanmoins une baisse des livraisons d'appareils au troisième trimestre, soit 22 en comparaison de 33 au cours du trimestre correspondant de l'an passé. Cette baisse est attribuable aux demandes de clients de reporter la livraison au quatrième trimestre, à la décision de remplacer les turbopropulseurs Q200 et Q300 par le Q400. À la fin du quatrième trimestre, Bombardier prévoit avoir livré un peu plus que les 361 livraisons de l'an dernier.

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