Résultats du dernier trimestre - La Laurentienne perd 18,4 millions

Au lendemain de la nomination d'Henri-Paul Rousseau à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec, la Banque Laurentienne a déclaré une perte substantielle au deuxième trimestre.

L'institution a enregistré une perte nette de 18,4 millions au deuxième trimestre de 2002, soit 95 ¢ par action, comparativement à un bénéfice net de 22 millions au deuxième trimestre de 2001, soit 82 ¢ par action.


Cette perte est liée principalement à une augmentation de 70 millions des dotations pour pertes sur prêts. Cette augmentation reflète le risque total de la Banque Laurentienne vis-à-vis de Téléglobe (39 millions) ainsi que la détérioration de la qualité de crédit de certains prêts aux entreprises, surtout dans le secteur manufacturier ontarien.


L'augmentation reflète également une réorientation stratégique des activités de prêts commerciaux et corporatifs. La Banque Laurentienne a ainsi décidé de réduire de 40 millions à 20 millions la limite maximale pour un prêt à un emprunteur unique.


«Nous avons eu cet accident avec Téléglobe, a déclaré M. Rousseau, au cours d'une conférence téléphonique destinée aux analystes financiers hier. Nous ne voulons pas que ça se répète.»





Départ de Rousseau


Mercredi, la ministre des Finances, Pauline Marois, a annoncé la nomination de M. Rousseau au poste de président-directeur général de la Caisse de dépôt. M. Rousseau occupera ce poste à partir du 1er septembre prochain. Il demeurera président et chef de la direction de la Banque Laurentienne jusqu'au 31 août prochain.


Hier, il n'a fait absolument aucun commentaire à ce sujet au cours de la conférence téléphonique.


Le président du conseil d'administration de la Banque Laurentienne, Jon Grant, a toutefois indiqué que l'institution financière était désolée de voir M. Rousseau quitter sa direction.


Il a cependant fait valoir que M. Rousseau avait toujours bien su s'entourer et qu'il laissait à la banque une excellente équipe. Il a soutenu que l'institution elle-même était en très bonne santé.


M. Grant a aussi affirmé que le comité des ressources humaines du conseil d'administration était prêt à faire face à la situation et qu'il avait déjà identifié plusieurs personnes intéressées à prendre la relève.


«Nous sommes en discussion avec un candidat, a-t-il déclaré. Si tout va bien, nous pourrons faire une annonce très bientôt.»


Le revenu total de la Banque Laurentienne a atteint 153,6 millions au deuxième trimestre de 2002, comparativement à 146,9 millions pour la même période de l'exercice précédent.


Les revenus d'intérêt ont légèrement diminué, passant de 88,2 millions à 86,8 millions, en raison notamment de la baisse des taux d'intérêt. Les revenus autres que d'intérêt ont toutefois augmenté de près de 14 %, passant de 58,7 millions à 66,8 millions, surtout en raison de l'augmentation des revenus de trésorerie et de marchés financiers et de la hausse des revenus d'honoraires sur prêts et dépôts.


B2B Trust, une filiale de la Banque Laurentienne qui fournit des produits bancaires et financiers aux intermédiaires financiers, a annoncé pour sa part une légère hausse de 4 % de son bénéfice net, qui est passé de 5,3 millions à 5,5 millions.


«Il s'agit de très bons résultats dans un marché difficile», a commenté M. Rousseau.