Des dettes supportables

Dès 2004, la proportion de ménages pouvant être considérés comme vulnérables était déjà plus grande aux États-Unis (36,54 %) qu’au Canada (27,6 %). Et si le niveau d’endettement des ménages canadiens a augmenté ces dernières années, le
Photo: Agence Reuters Dès 2004, la proportion de ménages pouvant être considérés comme vulnérables était déjà plus grande aux États-Unis (36,54 %) qu’au Canada (27,6 %). Et si le niveau d’endettement des ménages canadiens a augmenté ces dernières années, le

Les ménages canadiens ont abordé l'année en meilleure position financière pour faire face à la crise économique qu'ils ne l'étaient à la fin des années 90, estime une étude de la Banque du Canada.

Le niveau d'endettement des Canadiens a pourtant augmenté au cours des dernières années, admet d'emblée le rapport de 22 pages dévoilé hier. Le total de leurs dettes est passé d'une moyenne de 110 % de leur revenu disponible en 1999 à 127 % en 2007.

Il aurait été logique, dans ces circonstances, de craindre que les familles soient plus vulnérables aux chocs économiques et financiers comme ceux que l'on a vus ces derniers mois. Or il n'en est rien, a constaté l'auteur de l'étude, Umar Faruqui. La baisse des taux d'intérêt réels et nominaux, associés à certaines innovations financières facilitant l'accès au crédit, ont eu pour effet de maintenir les paiements sur ces dettes à un niveau généralement inférieur à la moyenne des dernières années. De plus, le niveau d'endettement reste relativement bien amarré à celui des actifs.

«Par conséquent, il semble que le fardeau de la dette des ménages soit généralement demeuré supportable, rapporte l'étude. Malgré la progression du ratio de la dette au revenu observée depuis la fin des années 1990, les ménages restent bien placés pour faire face à l'alourdissement de leur endettement.»

La part du revenu disponible que les ménages doivent consacrer au remboursement de leurs dettes a tout de même grimpé d'un niveau médian de 16,7 %, en 2006, à 17,2 %, en 2007, note l'étude. Mais ce dernier chiffre reste bien inférieur à la moyenne de 17,7 % maintenue depuis 1999.

Des ménages moins vulnérables

Plus important encore, la proportion des ménages endettés se trouvant en situation de vulnérabilité s'est aussi légèrement réduite en neuf ans, observe l'étude de la Banque du Canada. Défini comme les familles consacrant 23 % et plus de leur revenu net au paiement de leurs dettes, ce groupe comptait pour 29,2 % des ménages endettés en 1999 au Canada, et même pour 31,5 % l'année suivante. Ce niveau était tombé à 26,1 % en 2007.

La baisse la plus marquée a été observée chez les familles à faible revenu, la proportion des ménages jugés vulnérables disposant d'un revenu égal ou inférieur à 35 000 $ par année s'étant réduit, de 29,9 % en 1999 (33,5 % en 2003) à 27,2 % en 2007. Une amélioration a également été observée chez les familles gagnant entre 35 000 $ et 70 000 $, la proportion de ménages endettés en situation délicate étant passée de 34 % en 1999 (38,2 % en 2001) à 31,9 %. La situation a été plus stable chez les familles endettées gagnant plus de 70 000 $ par année, la proportion de ménages en situation précaire étant passée de 22,6 % en 1999 (24,9 % en 2002) à 22,1 % en 2007.

Une comparaison entre la situation qui prévalait au Canada et aux États-Unis jusqu'en 2004 montre que, dès cette époque, la proportion de ménages américains pouvant être considérés comme vulnérables était déjà plus grande (36,54 % aux États-Unis contre 27,6 % au Canada).

À la lumière de ces chiffres, «on peut affirmer que la récente tourmente financière a trouvé des ménages américains bien plus vulnérables aux chocs économiques que ne l'étaient les ménages canadiens», conclut le rapport de la Banque du Canada.

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