La Scotia nettoie son bilan

La Banque Scotia a terminé son exercice financier 2008 par un grand nettoyage dans son bilan au quatrième trimestre espérant ainsi pouvoir encore atteindre «une certaine croissance» en 2009, malgré «le lot d'incertitudes» qui, selon toute probabilité, va affecter le secteur financier et l'économie mondiale. «Ce sera une croissante prudente et solide», prévoit le président et chef de la direction, Rick Waugh.

Pour ce qui est de 2008, la Banque Scotia a déclaré pour le quatrième trimestre un bénéfice net de 315 millions, en comparaison de 954 millions pour la même période en 2007. Cette chute de 67 % découle de charges de 642 millions après impôts attribuables à la faillite de Lehman Brothers et à des ajustements d'évaluation rendus nécessaires par la volatilité inégalée des marchés financiers partout dans le monde, explique la direction. Il y a un mois, la banque laissait entendre qu'il y aurait des charges de 595 millions. L'annonce d'hier a donc causé un certain étonnement chez les analystes. Le bénéfice par action est ainsi passé de 95 cents l'an passé à 28 ¢ pour le dernier trimestre 2008, une baisse significative de 65 ¢. Le rendement des capitaux propres est pour sa part tombé à 6 %, en comparaison de 21 %.

Le dividende augmente

Néanmoins, le dividende trimestriel a augmenté de 9 % pour atteindre 49 ¢ sur celui du trimestre correspondant en 2007. Y a-t-il là matière à critique? La banque s'en explique dans les termes suivants: «Malgré des conditions difficiles, la qualité générale de notre capital et de notre bénéfice nous permet de continuer de générer des dividendes durables pour nos actionnaires. Au cours de l'exercice, nous avons annoncé deux hausses des dividendes trimestriels, le total de ceux de l'exercice atteignant 1,92 $, soit 10 % de plus qu'en 2007. Le capital et le bénéfice, selon les normes en vigueur à l'échelle mondiale, qui demeurent élevés assurent un soutien adéquat à nos dividendes». Dans une conférence avec les analystes, le président a réitéré hier la détermination de la banque de maintenir des dividendes et la croissance pour les actionnaires.

Quoi qu'il en soit, pour l'ensemble de l'exercice de 2008, la Scotia a déclaré un bénéfice par action de 3,05 $, en comparaison de 4,01 $ en 2007. Le bénéfice net fut de 3,14 milliards en tenant compte de dévaluations atteignant 822 millions par rapport à un bénéfice net de 4,05 milliards un an plus tôt. Le rendement des capitaux propres fut de 17 % contre 22 % et le ratio de capital de catégorie 1 est demeuré le même à 9,3 %, alors que le ratio total de capital est passé de 10,5 % à 11,1 %.

«Il va sans dire que l'exercice 2008 a été difficile, en raison surtout des réductions de valeur que nous avons dû inscrire au quatrième trimestre, a résumé M. Waugh. Même si les banques canadiennes s'en tirent mieux que leurs pairs ailleurs dans le monde, aucune d'elles n'est parfaitement à l'abri de la tempête qui secoue les marchés mondiaux. Cependant, notre stratégie de diversification selon les régions, les secteurs d'activité et les produits continue de faire ses preuves et nous procure un atout de taille, soit des sources de revenus diversifiés.» Il n'est donc pas question de modifier les stratégies en 2009.

La Banque Scotia mise sur trois plates-formes de croissance, à savoir son réseau canadien, ses opérations internationales et Scotia Capitaux. Les actifs moyens ont augmenté de 13 % ou de 52 milliards en 2008 et les trois secteurs ont contribué à cette progression. Le réseau canadien a augmenté son actif de 14 %, soit 21 milliards, et ses revenus ont progressé de 6 % pour totaliser 439 millions, une croissance attribuable aux acquisitions de Dundee Bank, Traverlers Leasing, TrandeFreedom et ETrade Canada.

Les activités internationales ont progressé de 20 % ou de 13 milliards, alors que les revenus ont monté de 15 % pour atteindre 466 millions. Scotia Capitaux a augmenté ses actifs moyens de 8 % ou de 12 milliards, mais ses revenus ont régressé de 25 %, en passant de 229 millions à 44 millions, à cause de Lehman Brothers et autres ajustements.

La Scotia ne prévoit faire aucun licenciement de personnel cette année et voit plutôt «un bel avenir pour leurs carrières». Quant aux acquisitions possibles, M. Waugh ne cache pas qu'il y a de nombreuses occasions qui se présentent, mais il réitère que la banque va maintenir sa politique de gestion prudente de contrôle des coûts et de gestion des risques.

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