BCE a du pain sur la planche

Si Teachers a soumis son offre de 52 milliards, il y a un an et demi, pour BCE, c’est parce qu’il estimait que Bell pouvait largement améliorer sa performance.
Photo: Agence Reuters Si Teachers a soumis son offre de 52 milliards, il y a un an et demi, pour BCE, c’est parce qu’il estimait que Bell pouvait largement améliorer sa performance.

Les membres du conseil de BCE, société mère de Bell Canada, peineront à réparer les pots cassés si le projet de prise de contrôle et de fermeture du capital de la plus importante entreprise de télécommunications au pays s'écroule, comme cela semble de plus en plus probable.

Les administrateurs qui pourraient avoir pensé que leur tâche prendrait fin la semaine prochaine doivent maintenant se retrousser les manches et se pencher sur la gestion à long terme de l'entreprise, a indiqué hier Iain Grant, de la société d'experts-conseils SeaBoard.

Ils devront faire un examen de conscience, car le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario, ou Teachers, a soumis son offre de 52 milliards, il y a un an et demi, parce qu'il estimait que Bell pouvait largement améliorer sa performance. «L'entreprise n'était pas aussi vigoureuse qu'elle devait l'être pour accroître sa valeur, et par conséquent, si le conseil est pour reprendre le volant, je crois qu'il pourrait vouloir retenir certaines des leçons données par Teachers», a affirmé M. Grant lors d'un entretien.

Entre autres sujets qui seront probablement abordés lors d'une rencontre prévue jeudi, les administrateurs devront déterminer s'ils verseront aux actionnaires les dividendes impayés ou s'ils investiront 2,8 milliards afin de faire progresser l'entreprise. «Ça ne va pas être une réunion facile, a indiqué M. Grant. Les problèmes sont réels.»

Les responsables de BCE se sont abstenus de faire quelque commentaire que ce soit au sujet de la rencontre, refusant même d'en confirmer la date.

Dans un communiqué publié avant l'ouverture des marchés, mercredi dernier, BCE a causé toute une surprise en révélant que la firme comptable KPMG ne prévoyait pas être en mesure d'émettre une opinion selon laquelle BCE allait satisfaire aux «tests de solvabilité» nécessaires à la réalisation de la transaction. Si KPMG n'est pas en mesure d'émettre une opinion favorable d'ici le 11 décembre, date prévue de la clôture de la transaction, «il est peu probable» que celle-ci se réalise, a précisé BCE. L'obtention d'une opinion positive sur la solvabilité de l'entreprise est une condition essentielle de la transaction.

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