Allocution de George W. Bush - La crise n'est pas l'échec du capitalisme

Le président Bush a profité de son discours à New York pour refuser que les États-Unis supportent toute la responsabilité de la crise, relevant que de nombreux pays européens, avec des réglementations plus étendues, avaient eu les mêmes problèm
Photo: Agence France-Presse (photo) Le président Bush a profité de son discours à New York pour refuser que les États-Unis supportent toute la responsabilité de la crise, relevant que de nombreux pays européens, avec des réglementations plus étendues, avaient eu les mêmes problèm

New York — Le président américain George W. Bush a assigné hier comme objectif au sommet de dirigeants internationaux ce week-end de jeter les bases de futures réformes du système financier, mais s'est opposé ardemment à toute remise en cause fondamentale du système capitaliste.

À la veille de l'arrivée à Washington des chefs d'État et de gouvernement des pays industrialisés et des économies émergentes, pour un sommet destiné à faire face à la crise financière, M. Bush a signifié dans un discours à New York que cette réunion inédite devrait surtout produire les principes de réformes ultérieures du système et de ses règles.

Il n'a rien dit qui infirme que toute réforme incombera en fait à son successeur Barack Obama, lorsqu'il prendra sa succession le 20 janvier.

Entre un président sortant qui peut difficilement engager son successeur et un président élu qui a peu d'intérêt à être associé à un prédécesseur impopulaire, cette période de transition aux États-Unis restreint les perspectives du sommet, malgré les exigences de résultats concrets de certains participants.

Les dirigeants du G20, un groupe formé dans les années 90 face à la dernière grande crise financière (en Asie), sont d'accord sur un «objectif clair: répondre à la crise actuelle et jeter les bases de réformes pour empêcher qu'une telle crise ne se reproduise à l'avenir», a dit M. Bush. Ils devraient «lancer un plan d'action spécifique pour appliquer ces principes», a-t-il ajouté.

M. Bush a souligné que cette réunion n'était que la première d'une série, sans dire quand aurait lieu la suivante. Les dirigeants chargeront leurs ministres de travailler à des recommandations en vue des prochaines réunions, a-t-il précisé.

M. Bush a montré du doigt des «règles obsolètes» et des «pratiques médiocres de gestion du risque», et tracé des pistes. Il a parlé de la nécessité de veiller à ce que le système financier, dont les dérèglements sont pour beaucoup dans la crise économique actuelle, ait la régulation adéquate. Il a affirmé la nécessité de combattre l'opacité et les malversations sur les marchés, d'améliorer les règles comptables sur les titres, au niveau de chaque pays.

L'administration Bush est hostile à l'instauration d'une autorité régulatrice mondiale. Mais M. Bush a prôné une coopération internationale accrue entre les autorités financières. Il a préconisé la réforme du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Les économies émergentes doivent avoir davantage voix aux décisions de ces institutions, a-t-il dit.

M. Bush a cependant prévenu qu'il faudrait du temps pour que les réformes à venir ainsi que les mesures déjà prises produisent tout leur effet. «Nous avons des jours difficiles devant nous», a-t-il dit, alors que l'économie américaine essuie tous les jours les mauvaises nouvelles. «Nous devons reconnaître que l'intervention gouvernementale n'est pas un remède universel», a-t-il dit.

Il en a profité pour refuser que les États-Unis supportent toute la responsabilité de la crise, relevant que de nombreux pays européens, avec des réglementations plus étendues, avaient eu les mêmes problèmes.

Et «cette crise n'est pas l'échec de l'économie de libre marché. Et la réponse n'est pas de réinventer ce système», a-t-il dit. Le capitalisme n'est «pas parfait», mais il est «de loin le moyen le plus efficace et le plus juste de structurer l'économie», a dit

M. Bush, qui avait choisi de s'exprimer à New York. C'est là que le président français Nicolas Sarkozy voulait voir se tenir le sommet de ce week-end parce que c'est là que tout a commencé selon lui.
3 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 14 novembre 2008 05 h 26

    Un gouvernement plus intelligent... Ça presse.

    M. Bush a aussi dit qu'il réaffirmait que le monde n'a pas besoin de plus de gouvernement. C'est le credo du libéralisme. Ce n'est pas la même chose que le laisser faire qui est à l'origine de cette crise financière. Un laisser faire dont il ne peut pas refiler la responsabilité à quelqu'un d'autre. C'est pourquoi, je me demande bien à qui il pensait quand il a dit que le monde n'a pas besoin de plus de gouvernement, mais de gouvernement plus intelligent............

  • Normand Chaput - Inscrit 14 novembre 2008 05 h 36

    Encore de belles paroles

    Les vingt plus haut dirigeants du monde politique vont se rencontrer pour rien étant donné les élections américaines. Puis ils nous l'annoncent en plus. Après, on se désole du désintérêt de la population envers la classe politique.

  • Guy Fafard - Inscrit 14 novembre 2008 20 h 27

    Cette crise n'est pas l'échec de l'économie de libre marché.

    En effet ce ne l'est pas, c'est cependant la suite des exagérations. C'est aussi la suite des fourberies et des vols "honnêtes"; crimes contre l'humanité qui travaille et paie les impots gaspillés.

    C'est la fête du manque de professionnalisme des banquiers retors et de l'exagération des requins pour qui tous les moyens sont bons pour des profits exhorbitants.

    C'est le festival des surpayés, des bandits déguisés en cravate dont le salaire dépasse l'entendement.

    C'est le carnaval du carnage des incompétants de la finance.

    Cette crise n'est pas l'échec de l'économie de libre marché.