Junex ne baisse pas les bras

Jean-Yves Lavoie, président et chef de la direction de Junex, était de passage à Montréal pour informer et rassurer les investisseurs quant au développement de l'industrie gazière au Québec. «C'est un peu nouveau pour les Québécois, qui sont un peu surpris de voir qu'il y a un potentiel», disait-il hier au début de la conférence qu'il allait prononcer devant le Cercle finance et placement du Québec.

Fondé en 1999 par lui-même en tant qu'ingénieur pétrolier et Jacques Aubert, gestionnaire financier chevronné qui avait fait carrière chez Cascades, Junex demeure une compagnie junior d'exploration pétrolière et gazière inscrite à la Bourse TSX de croissance, qui poursuit ses activités d'exploration seule ou avec divers partenaires, lesquels l'ont aidée à identifier au Québec des réserves d'une ressource gazière dite non conventionnelle, mais récupérable, qui pourrait varier entre 20 et 30 trillions de pieds cubes, soit plus qu'il n'en faut pour répondre à la consommation au Québec pendant au moins 100 ans.

Des actionnaires

Junex a déjà investi 30 millions dans ses travaux, grâce à la confiance que lui ont accordé divers actionnaires, dont la famille des frères Lemaire. Faute d'avoir les connaissances techniques suffisantes pour évaluer le potentiel des ressources disponibles, pour prouver leur valeur commerciale et pour aller les récupérer, Junex a convaincu des firmes reconnues qui possèdent cette expertise de devenir ses partenaires. Il y a eu d'abord la Forest Oil Corporation, qui s'est s'engagée dans une campagne d'exploration de 20 millions. Puis il y a eu la Talisman Energy qui a annoncé un programme de plus de 120 millions sur une période de deux ans.

M. Lavoie explique que Junex ne met pas tous ses oeufs dans le même panier, en ce sens qu'il s'est créé un portefeuille de propriétés depuis la Gaspésie jusqu'au sud de la région montréalaise, des propriétés parfois explorées avec des partenaires, parfois seule. Les ressources gazières se retrouvent sur environ 13 % du territoire québécois, une moitié sous terre et une moitié sous l'eau (le fleuve et l'estuaire du Saint-Laurent). Junex veut être un investisseur, mais aussi un exploiteur avec ses propres foreuses.

Pour l'exploitation de ces ressources, une fois qu'on aura établi leur valeur commerciale et établi que le projet est rentable, il faudra concevoir un plan d'exploitation bien précis pour s'assurer d'une production ordonnée en tenant compte des raccordements avec les oléoducs existants. Comme il n'y a pas de culture de pétrole et de gaz au Québec, il faut aussi établir des communications de l'industrie comme entité avec le gouvernement. Pour ce qui est de la configuration des entreprises qui naîtront, «il y en a présentement des petites et des grosses, d'autres qui observent. Il va y avoir des brassages de cartes», prévoit M. Lajoie, qui voit l'avenir avec optimisme. «On est proche du meilleur marché au monde, le Québec est bien situé, c'est une question de temps pour en arriver au développement.»

Pour ce qui est des fluctuations boursières actuelles, M. Lajoie ne s'en formalise pas vraiment. L'action de Junex a déjà été à 6 $, elle se situe maintenant à environ 1$. Pour le futur, certains la situent entre 13 et 45 $. Évidemment, ce ne serait pas la première fois que des spéculateurs s'intéressent à l'industrie pétrolière.
1 commentaire
  • Normand Chaput - Inscrit 14 novembre 2008 05 h 41

    Trop c'est comme pas assez

    J'espère que ce monsieur met autant d'effort à trouver du gaz qu'il en fait à courir après les journalistes.