Marchés boursiers - La Bourse de Toronto recule de 500 points

La Bourse de Toronto a plongé de plus de 500 points hier, les actions des secteurs minier et financier ayant lourdement pesé sur l'indice-vedette du parquet, pendant que le dollar canadien encaissait son plus important revers pour une seule séance.

L'indice composite S&P/TSX a culbuté de 501,43 points, soit 5,3 %, pour clôturer à 8922,57 points, alors que le huard a cédé 2,77 ¢US, à 80,81 ¢US, son plus faible niveau depuis le 28 octobre. Le secteur des métaux a été le plus malmené, avec une glissade de 12,4 %. Le secteur de l'énergie a pour sa part retraité de 7,5 %, le cours du baril de pétrole touchant son plus faible niveau depuis janvier 2007. Le baril de pétrole brut a terminé la séance d'hier en baisse de 3,17 $US, à 56,16 $US, à la Bourse des matières premières de New York (Nymex).

Le secteur financier du parquet torontois a quant à lui abandonné 4,4 %.

La Bourse de New York a également fini en forte baisse hier, pour la troisième séance d'affilée, paniquée par la déprime du consommateur américain à l'approche des Fêtes: le Dow Jones a chuté de 4,7 % et le Nasdaq de 5,2 %.Le Dow Jones a lâché 411,30 points, à 8282,66 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 81,69 points, à 1499,21 points. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a cédé 5,2 % (46,65 points), à 852,30 points. Depuis le début de la semaine, le Dow Jones accumule une perte de 7,4 %.

«Le marché teste ses niveaux planchers», a constaté Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management. Si le Dow Jones et le S&P 500 ont encore réussi à se maintenir au-dessus de leurs plus bas niveaux du mois d'octobre, le Nasdaq n'avait plus fini aussi bas depuis cinq ans et demi.

«C'est comme un toit pas solide avec beaucoup de neige dessus. Soit la neige fond, soit ça craque», a ajouté le stratégiste, en prévoyant des «ventes très agressives» si les seuils de résistance devaient céder.

La place new-yorkaise s'est enfoncée après la conférence de presse tenue par le secrétaire au Trésor Henry Paulson pour clarifier sa position sur le plan de sauvetage du système financier (TARP). Il a annoncé renoncer au rachat d'actifs invendables des banques, estimant qu'il était plus efficace d'investir directement au capital de ces établissements. Le ministre a aussi estimé que ce changement de cap permettrait de répondre aux besoins en capital des institutions non financières.

«Ses propos suggèrent qu'une partie du plan original était mal conçue et que l'effondrement de l'économie pourrait s'accentuer», a commenté Al Goldman, de Wachovia Securities. «Le marché reste soumis à des fortes pressions. La détente du marché du crédit interbancaire ne change pas la réalité, qui est que l'on se dirige vers une récession mondiale», a commenté Lindsey Piegza, de FTN Financial. «Ce n'est pas positif pour le marché, qui voit encore l'adoption de mesures visant à apporter un soutien artificiel au système», a-t-elle ajouté.

Fermé mardi pour cause de jour férié, le marché obligataire est monté. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a reculé à 3,67 %, contre 3,76 % lundi soir, et celui à 30 ans à 4,19 %, contre 4,21 % lundi.