Ottawa achètera pour 50 milliards de prêts additionnels

Toronto — Le gouvernement fédéral achètera d'ici la fin de l'année financière des blocs additionnels de prêts hypothécaires assurés à concurrence de 50 milliards de dollars, a annoncé hier le ministre des Finances, Jim Flaherty.

Cette mesure triple le montant la valeur maximale des titres acquis par l'entremise de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) en vertu de ce programme annoncé le mois dernier, dans le but de maintenir la disponibilité du crédit à plus long terme au pays. En octobre, le ministre avait annoncé une première tranche d'aide de 25 milliards.

Le plan fédéral soulagera les grandes banques canadiennes de milliards de dollars en prêts hypothécaires pour leur donner la capacité financière d'accorder davantage d'argent aux prêts aux consommateurs et étudiants, aux marges de crédit et aux prêts aux entreprises afin de stimuler les dépenses et la croissance économique dans un contexte où l'économie est chancelante.

M. Flaherty a rappelé que les prêts hypothécaires sont déjà garantis par la Société canadienne d'hypothèques et de logement, une société de la Couronne.

«Cet élargissement du programme d'achat d'hypothèques assurées accroîtra encore plus l'accessibilité du crédit, ce qui profitera aux ménages, aux entreprises et à l'économie du Canada», a précisé le ministre au cours d'une conférence de presse à Toronto.

M. Flaherty a également indiqué qu'Ottawa devrait probablement afficher un déficit au cours de la prochaine année financière. Le gouvernement annoncera un léger surplus cette année, a estimé le ministre, mais 2009 sera plus difficile.

M. Flaherty a ajouté que la priorité du gouvernement était d'éviter un «déficit structurel».

«La clé, c'est d'avoir un plancher et d'établir clairement que nous n'irons pas sous cette valeur plancher, de façon à s'assurer que lorsque l'économie reprendra, nous pourrons sortir de ce déficit.»

Le ministre des Finances a également annoncé hier qu'Ottawa rendrait plus abordable l'utilisation de l'assurance gouvernementale pour emprunter aux banques sous le programme temporaire de la Facilité canadienne d'assurance aux prêteurs (FCAP).

Les institutions financières canadiennes disposeront donc d'une gamme plus vaste de sources de financement pour octroyer des prêts au Canada, et elles ne seront pas désavantagées sur le plan de la concurrence par des décisions semblables prises à l'étranger.

Le gouvernement amputera de 25 points de base la tarification de la Facilité canadienne d'assurance aux prêteurs (FCAP). Il renoncera également, jusqu'à nouvel avis, à la surprime systématique de 25 points de base au titre de l'assurance fournie par la Facilité, et ce, «jusqu'à nouvel ordre».

«Notre but est d'appuyer la disponibilité du crédit aux consommateurs canadiens ainsi qu'aux entreprises afin de soutenir la croissance économique», a affirmé M. Flaherty.

La Banque du Canada a également annoncé hier qu'elle injectera un montant additionnel de huit milliards dans les marchés monétaires.

Le libre-échange et Obama inquiètent

Par ailleurs, Jim Flaherty a également indiqué hier qu'il avait rencontré les conseillers économiques de Barack Obama et que leurs discussions sur le libre-échange ne l'ont pas rassuré.

M. Flaherty a reconnu que le président américain élu avait fait certains commentaires au ton protectionniste durant sa campagne électorale. Et alors qu'il briguait l'investiture démocrate, M. Obama a également songé à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

M. Flaherty a affirmé qu'il avait récemment abordé l'enjeu du protectionnisme avec les conseillers d'Obama, sans vraiment être rassuré par la discussion.

Il estime néanmoins que le Canada et la nouvelle administration américaine devraient profiter d'«une discussion continue et informée» au sujet de la sécurité énergétique avant qu'Obama n'occupe ses nouvelles fonctions en janvier.

Le premier ministre Stephen Harper a déjà prévenu que si l'ALENA était rouvert, les pays devraient discuter des enjeux de l'énergie.