Automobiles - Tous les moyens sont bons pour économiser

Lorsqu'on parle d'assurance automobile, certains mythes persistent. Par exemple, une voiture de couleur rouge coûte-t-elle plus cher à assurer? Vous hésitez? La réponse est non. En revanche, il existe une foule de trucs et d'astuces pour réduire le coût de son assurance auto. Le Devoir s'est entretenu avec deux experts dans le domaine.

«Le premier conseil que je peux vous donner, c'est de bien magasiner votre assurance, affirme Alexandre Royer, porte-parole du Bureau d'assurance du Canada (BAC). Ça vaut la peine d'aller voir ce que la compétition a à offrir.» La raison est simple: les prix varient énormément d'un assureur à l'autre. Selon M. Royer, la facture peut facilement doubler pour une couverture similaire. «Je vérifie chaque année et je change de compagnie presque chaque fois!»

Ensuite, le montant de la prime d'assurance dépend grandement du modèle du véhicule. Plus une voiture est vulnérable aux sinistres (accident, vol, etc.) selon les statistiques, plus elle coûtera cher à assurer, explique Alexandre Royer. Par exemple, le propriétaire d'une auto à deux portes, considérée comme un modèle sport, devra débourser une somme plus importante pour sa couverture.

Selon Alexandre Royer, il vaut mieux appeler quelques assureurs avant d'acheter une nouvelle auto afin d'évaluer le coût pour l'assurer. Il est aussi bon de consulter la liste des véhicules les plus volés au pays, qui est publiée chaque année par le BAC. Au sommet du palmarès en 2007 trônaient les Honda Civic SiR 1999 et 2000, deux portes.

Protégez-vous!

Le vol de voiture est dispendieux pour les assureurs du Québec. Avec un vol ayant lieu toutes les sept minutes dans la province, cela représente environ 300 millions de dollars en indemnités versées aux assurés par année. Les systèmes antivol sont donc bien récompensés par les assureurs, observe Alexandre Royer, qui cite notamment les antidémarreurs, le marquage des pièces et les systèmes de repérage. «Les gens économisent en étant prévoyants», remarque-t-il.

Selon Martin Desrochers, le conseiller du courtier d'assurance Groupe Lepelco, certains assureurs proposent même de payer l'installation d'un système antivol, ce qui peut être intéressant.

Écolo et économe

Être vert a aussi ses bons côtés lorsqu'on magasine une assurance automobile. Plusieurs assureurs offrent maintenant un rabais aux propriétaires de véhicules hybrides. «Les assureurs se sont laissé emporter par la vague verte!», lance Martin Desrochers.

Une autre façon de faire des économies tout en prenant soin de la planète consiste à utiliser sa voiture le moins souvent possible. «Si vous prenez l'autobus, le métro ou le vélo pour vous rendre au travail, votre prime va diminuer», dit M. Desrochers.

De leur côté, les conducteurs de véhicules utilitaires et de véhicules à quatre roues motrices payent le gros prix, mais ce n'est pas parce qu'ils sont plus polluants. «Ce sont des véhicules qui coûtent plus cher à assurer tout simplement parce qu'ils sont souvent volés. Aussi, les pièces d'un moteur à traction intégrale sont plus dispendieuses à remplacer», explique Martin Desrochers.

Bonne conduite

«Le meilleur truc du monde, c'est de bien conduire!», poursuit le courtier. Un dossier sans tache est bien sûr récompensé. De plus, certains assureurs offrent des rabais aux conducteurs qui n'ont aucun point d'inaptitude inscrit à leur dossier. Conséquemment, des infractions répétées au Code de la route font augmenter la prime.

Les collisions sont parfois inévitables, note Alexandre Royer, du BAC. Lui-même a déjà déclaré trois accidents responsables en quelques mois et a vu sa prime grimper en flèche. Pour réduire le coût de son assurance auto, il a fait augmenter sa franchise de 250 $ à 1000 $, le temps que la tache à son dossier s'efface. «C'est une solution pour réduire le prix de son assurance. On partage le risque avec l'assureur», dit-il.

Pour économiser, mieux vaut vivre à l'extérieur de la ville. Entre les régions plus rurales et Montréal, le coût d'une assurance peut doubler, selon Martin Desrochers. La raison en est notamment que le nombre de vols en banlieue et en région est plus bas que dans la métropole. On compte aussi moins de réclamations pour accrochage ou vandalisme.

Changer de boulot?

Martin Desrochers sourit lorsqu'on lui pose la question, mais il est vrai que certains emplois n'ont pas la cote chez les assureurs. C'est le cas notamment des gens qui travaillent dans des bars ou qui font de la livraison avec leur voiture personnelle. «Beaucoup de compagnies vont refuser de les assurer, note-t-il. Ils devront donc se tourner vers un assureur spécialisé, qui demande des primes beaucoup plus élevées.»

D'un autre côté, les comptables, les infirmières et les employés de grandes entreprises comme Bell et Hydro-Québec ont souvent droit à des rabais. «Les assureurs vont offrir des prix avantageux à certains groupes, qui statistiquement font moins de réclamations», dit Martin Desrochers.

Lorsqu'on appelle chez un assureur, il vaut donc la peine d'indiquer le nom de son employeur et les associations auxquelles on appartient. «Il y a des gens qui veulent en dire le moins possible, mais ils ratent peut-être une chance de faire des économies», soutient le conseiller.

Dans le même pot

Finalement, les deux spécialistes suggèrent aux gens de combiner leurs assurances automobile et habitation. Pour Alexandre Royer, du BAC, c'est aussi une façon de se simplifier la vie dans le cas d'un vol de biens dans une voiture. «La personne n'aura qu'à faire une réclamation, plutôt que de communiquer avec son assurance habitation pour les biens et son assurance auto pour le vandalisme.»

Martin Desrochers ajoute qu'il est aussi profitable pour les couples qui possèdent deux voitures de jumeler leurs assurances. Même chose pour les jeunes conducteurs, qui peuvent obtenir des rabais s'ils s'assurent auprès de la même compagnie que celle de leurs parents.

Pour les gens qui songent à inscrire leur enfant comme deuxième conducteur, Martin Desrochers leur conseille d'y penser à deux fois s'il s'agit d'un garçon. Le supplément est tellement élevé pour les jeunes hommes, explique-t-il, qu'il est parfois plus économique de lui acheter une vieille bagnole.

Aux personnes qui seraient tentées de cacher des informations en souscrivant une assurance, la facture pourrait être salée, avertissent de concert Martin Desrochers et Alexandre Royer. L'assureur peut en effet refuser de les dédommager ou de réduire le montant de l'indemnité, proportionnellement à ce qu'elles ont omis de déclarer et de payer.

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Collaboratrice du Devoir