Ces courtiers pour tous les secteurs - « Le courtier d'assurance est devenu aujourd'hui l'architecte des solutions d'assurance »

Souvent les gens évaluent mal la valeur des biens qu’ils veulent assurer. Le courtier d’assurance peut les aider à s’y retrouver.
Photo: Agence Reuters Souvent les gens évaluent mal la valeur des biens qu’ils veulent assurer. Le courtier d’assurance peut les aider à s’y retrouver.

Le choix d'une assurance peut parfois être compliqué. En effet, comment le consommateur fait-il pour évaluer correctement ses besoins et comment fait-il pour choisir, parmi tous les produits d'assurance présentement sur le marché, celui qui lui convient parfaitement? Pour y voir clair, il peut consulter un courtier d'assurance.

«La majorité des courtiers d'assurance travaillent au sein d'un cabinet, explique Joanne Lamanque, directrice générale du Regroupement des cabinets de courtage d'assurance du Québec (RCCAQ). La profession compte aussi des représentants autonomes, mais ils ont tous des liens avec des cabinets.»

Contrairement à un agent d'assurance qui ne représente qu'une seule compagnie, le courtier d'assurance n'est pas rattaché à un seul fournisseur de produits d'assurance. «Le courtier d'assurance a des ententes avec plusieurs assureurs, ce qui fait qu'il a à sa disposition une palette d'offres lui permettant de combler l'ensemble des besoins de la clientèle. Le courtier d'assurance travaille uniquement pour son client.»

Les courtiers d'assurance oeuvrent dans tous les secteurs de l'assurance, allant de l'assurance des personnes à l'assurance dommages. Plusieurs courtiers vont cependant se spécialiser dans des secteurs précis. «L'avantage des cabinets de courtage, c'est qu'on y trouve plusieurs courtiers ayant chacun un secteur d'activité privilégié, ce qui fait que le consommateur a toujours sous la main un courtier en mesure de répondre à toutes ses questions, peu importe le type d'assurance.»

Peut-on s'y fier? «Notre industrie est très réglementée. Un courtier d'assurance peut pratiquer au Québec seulement s'il a réussi l'examen et obtenu la certification de l'Autorité des marchés financiers. Il suit une formation le préparant à cet examen, doit faire un stage avant d'obtenir la certification et doit être inscrit dans un programme de formation continue. De plus, il est soumis à un sévère code de déontologie.»

D'abord conseiller

Le courtier d'assurance agit d'abord comme conseiller auprès de son client. Il cherchera donc à brosser un portrait de la situation particulière de ce dernier afin de bien évaluer ses besoins en matière d'assurances. «Il est là pour lever des drapeaux et vous avertir des risques que vous courrez dans telle ou telle situation. Souvent, par exemple, les gens évaluent mal la valeur des biens qu'ils veulent assurer.»

De plus, les polices d'assurance sont toutes différentes et n'offrent pas toutes les mêmes protections. Le courtier d'assurance sera en mesure d'expliquer clairement à son client ce que couvre ou non une police en particulier, ce qui permet d'éviter les mauvaises surprises. «Il sert aussi de guide, car il est en mesure de bien évaluer le risque que peut assumer lui-même le client. Il pourra alors, si tel est le cas, lui conseiller une assurance où la franchise est plus élevée mais où les primes sont plus basses, parce qu'il sait que le client peut financièrement assumer la franchise, s'il y a un sinistre, et économiser sur les primes, s'il n'y en a pas.»

Ce n'est qu'une fois terminé ce travail d'évaluation que le courtier d'assurance proposera à son client la police d'assurance qui répond le mieux à ses besoins et qui tient compte évidemment des choix personnels du client. «Il agit aussi comme négociateur quant aux prix et aux conditions du contrat d'assurance. Ensuite, il y a parfois des situations complexes où on ne trouve pas une police existante capable de répondre précisément aux besoins spécifiques d'un client. Comme le courtier d'assurance a établi un lien de confiance avec ses fournisseurs, il est en mesure de négocier avec eux et de les convaincre d'accepter le risque ou de modifier le contrat en y ajoutant un avenant.»

Service après-vente

Le courtier d'assurance fait aussi le suivi de ses clients. «Généralement, il contactera le client lors du renouvellement de la police et l'interrogera sur les changements qui pourraient avoir eu lieu. Par exemple, y a-t-il eu des modifications à la maison ou l'ajout d'une piscine, ce qui pourrait faire augmenter les risques?» Évidemment, il est fortement conseillé au consommateur d'avertir le courtier d'assurance dès qu'un changement touche sa situation.

«Mais le service après-vente ne s'arrête pas là. Le courtier d'assurance est là pour prêter assistance à son client en cas de sinistre. Il lui expliquera la suite des choses et entreprendra les démarches nécessaires. Il accompagnera son client, qui souvent est désorienté après un sinistre. Et comme il est formé pour lire les contrats, il pourra expliquer clairement à son client quelles sont les indemnités auxquelles il a droit. Et si l'assureur refuse de payer l'indemnité, il demandera à ce dernier de s'expliquer. Et s'il estime que son client est pénalisé sans raison, il le défendra auprès de l'assureur. Le courtier d'assurance doit défendre les intérêts de ses assurés, donc des consommateurs.»

Une profession à renouveler

À la fin des années 1980, les courtiers d'assurance ont été touchés par le décloisonnement des marchés financiers et leur part de marché dans le domaine des assurances a diminué au profit des assureurs directs. «Mais la progression des assureurs directs est terminée et le courtage d'assurance reprend présentement des parts de marché.»

Voilà une bonne nouvelle pour cette profession, dont une bonne partie des membres prendront bientôt leur retraite, comme c'est le cas dans la plupart des secteurs économiques. «Nous n'échappons pas à la situation démographique. Mais c'est une belle occasion pour les jeunes, car nous aurons 800 postes à combler dans les trois prochaines années.» Le RCCAQ a donc mis en place une campagne de promotion auprès des jeunes afin de les attirer vers cette profession.

«On veut d'abord actualiser dans la tête des gens la profession de courtier d'assurance, qui n'est plus ce qu'elle était. Aujourd'hui, le courtier d'assurance ne fait plus seulement que vendre de l'assurance, il agit aussi comme conseiller et accompagnateur. Par exemple, en assurances commerciales, il devient un partenaire privilégié de l'entreprise et un spécialiste de la gestion des risques. Il peut planifier les assurances nécessaires pour la suite des activités de l'entreprise. Il peut faire du sur-mesure pour ses clients. Le courtier d'assurance est devenu aujourd'hui l'architecte des solutions d'assurance.»

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Collaborateur du Devoir