Circuit City demande la protection des tribunaux

Des téléviseurs en vente dans un magasin Circuit City de New York. Le numéro deux américain de la distribution d’électronique grand public a subi des pertes lors de cinq de ses six derniers trimestres.
Photo: Des téléviseurs en vente dans un magasin Circuit City de New York. Le numéro deux américain de la distribution d’électronique grand public a subi des pertes lors de cinq de ses six derniers trimestres.

Circuit City, numéro deux américain de la distribution d'électronique grand public, a été forcé de demander la protection de la loi sur les faillites hier, afin de mener à bien une restructuration en profondeur de ses activités. Sa filiale canadienne, qui administre notamment les magasins La Source au Québec, a évidemment dû emboîter le pas, tout en assurant que cela ne changerait rien pour sa clientèle. Un message qui se voulait rassurant, alors que les commerçants s'apprêtent à vivre des Fêtes qui s'annoncent maussades.

«Circuit City a déposé une demande volontaire de réorganisation dans le cadre du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites» auprès du tribunal de commerce de Virginie, a ainsi indiqué le groupe par voie de communiqué. «Le groupe prévoit continuer ses opérations sans interruption, tandis que sa direction va se concentrer sur le développement et la mise en place d'un plan de restructuration complet, a-t-on précisé. Il y a un besoin critique de créer une chaîne plus efficace avec une structure de coûts simplifiée.»

Devenu le premier distributeur à portée nationale à demander cette année à être placé sous la protection de la loi américaine sur les faillites, le groupe est en fait victime du durcissement des conditions de crédit et de la dégradation de ses parts de marché par rapport à ses concurrents comme Best Buy ou Wal-Mart Stores.

«Le recours au chapitre 11 est dû principalement à trois facteurs qui ont ensemble contribué à une crise de liquidités ayant empêché l'entreprise de mener à bien ses objectifs de restructuration [...]: érosion de la confiance des fournisseurs, réduction des liquidités et une crise économique internationale», a expliqué le directeur financier de Circuit City, Bruce Besanko, dans le document de demande de dépôt de bilan transmis à la justice.

La société a d'ailleurs fini dans le rouge sur cinq des six derniers trimestres. Pire, ces dernières semaines, des fournisseurs affectés par la crise du crédit ont durci leurs conditions, demandant parfois à être payés avant de livrer les commandes. Le tout alors que la période charnière des Fêtes s'annonce beaucoup plus maussade qu'au cours des années précédentes. Le Conseil international des centres commerciaux table en effet pour l'instant sur une croissance très faible, de +1 %, en novembre et décembre.

Déjà, la semaine dernière, Circuit City avait annoncé la fermeture de 155 magasins, soit plus de 20 % de son réseau de 712 magasins, et la réduction de 17 % de ses effectifs aux États-Unis, soit 9000 emplois. Les dirigeants avaient alors expliqué envisager d'autres mesures de restructuration. Hier, ils ont annoncé que 700 personnes de plus perdraient leur emploi.

Le détaillant d'électronique a en outre précisé avoir obtenu une ligne de crédit renouvelable de 1,1 milliard $US, en remplacement d'une autre facilité de 1,3 milliard de dollars américains adossés à des actifs. «Cette ligne de crédit fournit des liquidités supplémentaires immédiates au moment où la société travaille pour réorganiser son activité, et lui permettra de payer ses fournisseurs et d'autres partenaires commerciaux en échange de biens et services reçus après le dépôt de bilan», a expliqué Circuit City.

Le groupe a aussi insisté sur le fait que son dépôt de bilan permettait de garantir à ses fournisseurs qu'ils seront payés et que ses magasins seront correctement approvisionnés pour la période cruciale des fêtes de fin d'année. On pense être en mesure d'assurer «le paiement des loyers et salaires» et de respecter les engagements envers les clients, comme les échanges de produits vendus et les chèques-cadeaux.

Selon la demande de dépôt de bilan, Circuit City avait 3,4 milliards $US d'actifs et 2,32 milliards $US de dettes au 31 août ainsi que plus de 100 000 créanciers.

Impact au Canada

InterTan, la filiale de Circuit City qui fait affaire sous le nom de «La Source par Circuit City» au Québec et «The Source by Circuit City» dans le reste du Canada, a bien sûr dû suivre le mouvement hier. Elle a donc annoncé le dépôt d'une demande de protection en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

Elle a cependant assuré que ses 772 magasins et points de vente garderaient tout leur personnel, seraient ouverts et qu'elle a l'intention d'honorer tous ses services à la clientèle, tels que les retours et les échanges de marchandises, ainsi que les cartes-cadeaux.

«Le plus important pour les clients est que La Source reste ouverte, a insisté Ron Cuthbertson, président d'InterTan. Nous nous préparons à une période des Fêtes qui, nous espérons, sera bien occupée. Nous nous efforçons de fournir à nos clients l'expertise en électronique et le grand éventail de produits qu'ils ont l'habitude de trouver auprès du détaillant de quartier en appareils électroniques, chef de file au Canada.»

L'entreprise canadienne se distingue de Circuit City parce que ses magasins ont en moyenne une surface considérablement plus petite, qu'ils emploient moins de personnel et que leur inventaire est plus restreint.

Qui plus est, les magasins canadiens présentent des états financiers «stables ou améliorés», a dit M. Cuthbertson. Pendant le deuxième trimestre se terminant le 31 août 2008, La Source a enregistré un bénéfice net de 4,9 millions $US, soit une augmentation de 133 % par rapport à 2,1 millions l'année précédente. Le chiffre d'affaires net était de 147,3 millions, soit une augmentation de 11,2 % par rapport à 132,5 millions.

Avec l'AFP, La Presse canadienne et Reuters
1 commentaire
  • Normand Parisien - Inscrit 11 novembre 2008 07 h 35

    Pas facile le commerce.

    J'ai toujours apprécié les magasins de l'ancien Radio Shack. Ils sont imbattables lorsqu'il s'agit de se procurer une pièce comme un connecteur ou un bout de fil pour le système de son. Je ne connais pas de compétiteur offrant ce genre d'inventaire très pratique pour les bricoleurs. Ce n'est pas la 1ère fois qu'ils éprouvent de la difficulté car, voilà de nombreuses années, c'est en Europe qu'ils avaient connus des difficultés. J'ignore s'ils sont toujours actifs en Europe.