La construction domiciliaire tient le coup

Selon les analystes, les conditions économiques moins favorables ont pour effet de déplacer la demande vers des propriétés moins coûteuses, comme les maisons jumelées et les copropriétés.
Photo: Jacques Nadeau Selon les analystes, les conditions économiques moins favorables ont pour effet de déplacer la demande vers des propriétés moins coûteuses, comme les maisons jumelées et les copropriétés.

La construction domiciliaire tient le coup. La hausse observée des mises en chantier en octobre a même surpris. Elle vient confirmer un scénario de ralentissement ordonné et un déplacement de la demande vers les propriétés plus abordables.

Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), la construction résidentielle a progressé de 10 % au Québec entre septembre et octobre, pour atteindre 3907 mises en chantier. Ce gain a ramené le recul des dix premiers mois à 2 %, avec 34 334 unités d'habitations mises en chantier. «Durant cette période, les mises en chantier de maisons individuelles ont diminué de 4 %, et celles de logements collectifs, de 1 %», peut-

on lire dans le communiqué de la SCHL.

«Compte tenu du contexte économique difficile, on s'attendait à ce que la tendance baissière s'accentue, notamment du côté des premiers acheteurs. Or, dans les centres de 10 000 habitants et plus, les mises en chantier se sont accrues de 10 % au regard d'octobre 2007», a souligné Hélène Bégin, économiste senior au Mouvement Desjardins. Pour l'analyste, «les conditions économiques moins favorables ont pour effet de déplacer la demande vers des produits moins dispendieux tels que les maisons jumelées et les copropriétés».

À l'échelle canadienne

À l'échelle canadienne, les données de la SCHL font ressortir un marché en baisse mais tout de même actif. Le nombre désaisonnalisé annualisé de mises en chantier est descendu de 218 600, en septembre, à 211 800, en octobre. «Le niveau de la construction résidentielle est resté élevé en octobre, et il cadre avec nos prévisions pour 2008», a déclaré Bob Dugan, économiste en chef au Centre d'analyse de marché de la SCHL. «La légère baisse résulte d'un ralentissement de l'activité tant dans le segment des maisons individuelles que dans celui des logements collectifs.»

En chiffres réels, le cumul annuel des mises en chantier affiche un repli de 1,6 % par rapport aux dix premiers mois de 2007. L'activité a reculé de 16,3 % dans le segment des maisons individuelles, tandis qu'elle s'est accélérée de 11,6 % dans celui des logements collectifs.

Un ralentissement

«Bien que la construction de nouvelles habitations au pays tienne plutôt bien le coup jusqu'à présent, nous nous attendons à ce que les mises en chantier ralentissent considérablement au cours de la prochaine année», a soutenu l'économiste Dina Cover, du Groupe Financier Banque TD.

«Cette bonne tenue de la construction neuve en octobre est le reflet d'une certaine résistance du marché immobilier dans le centre du pays», a ajouté Mme Bégin. «Le ralentissement de la construction neuve est toutefois bien enclenché, et les risques d'une baisse plus prononcée restent présents. Étant donné que le contexte économique et financier demeure fragile, le secteur résidentiel n'est pas à l'abri d'une détérioration significative dans un avenir rapproché.»