Crise financière - Fannie Mae enregistre une perte colossale

Au cours du trimestre terminé fin septembre, Fannie Mae,  un des deux piliers du refinancement hypothécaire américain, a accusé une perte nette de 28,9 milliards $US.
Photo: Agence Reuters Au cours du trimestre terminé fin septembre, Fannie Mae, un des deux piliers du refinancement hypothécaire américain, a accusé une perte nette de 28,9 milliards $US.

New York — Le groupe américain Fannie Mae, l'un des deux piliers du refinancement hypothécaire du pays, placé sous tutelle de l'État en septembre, a fait état hier d'une perte colossale de près de 29 milliards au troisième trimestre, due pour l'essentiel à des éléments exceptionnels.

Au cours du trimestre terminé fin septembre, Fannie Mae a accusé une perte nette de 28,9 milliards, contre une perte nette de 1,4 milliard $US un an auparavant, selon un communiqué de l'entreprise. Le groupe, qui bénéficie désormais de la garantie explicite des pouvoirs publics a passé une provision de 21,4 milliards dans ses comptes pour raison fiscale, a-t-il expliqué dans un document remis au régulateur boursier SEC.

Les résultats de Fannie Mae, mis à mal par la dégradation des marchés financiers et de l'immobilier, ont également été plombés par des dépréciations de la valeur de ses actifs et de ses investissements.

Rapportée au nombre d'actions, la perte nette représente 13 $US, contre 1,56 $US au troisième trimestre 2007. Les marchés tablaient sur une perte de 1,60 $US par action.

Le groupe n'a pas donné de prévisions chiffrées «en raison d'incertitudes croissantes sur [son] avenir», a-t-il indiqué, en avertissant seulement que «la crise actuelle aux États-Unis et sur les marchés financiers mondiaux allait continuer d'affecter [ses] résultats sur le reste de 2008 et en 2009».

«Le développement de la crise des crédits hypothécaires, qui avait débuté en 2007, s'est poursuivi en octobre. Du fait de la mise sous tutelle et des accords passés avec le Trésor américain en septembre dernier, cela affecte ses prévisions de résultats pour le reste de 2008 et pour 2009».

Fannie Mae table sur «une poursuite de la hausse du taux de chômage», sur «une baisse continue des prix de l'immobilier et une hausse des défauts de paiements». En conséquence, il envisage «une hausse conséquente de [ses] provisions pour impayés», et «des difficultés en matière d'accès au crédit» sans aide financière supplémentaire des pouvoirs publics.