Réunion du G20 cette fin de semaine - Les grands pays émergents réclament une révision du système financier

Le ministre brésilien de l’Économie, Guido Mantega
Photo: Agence Reuters Le ministre brésilien de l’Économie, Guido Mantega

São Paolo — Les grands pays émergents ont réclamé hier «une réorganisation du système financier mondial», à la veille d'une réunion ministérielle du G20 à São Paulo qui doit préparer le sommet de Washington sur la crise financière.

«Nous sommes arrivés à la conclusion qu'il devait y avoir une reformulation, une réorganisation du système financier mondial», a déclaré le ministre brésilien de l'Économie Guido Mantega, résumant les discussions avec ses homologues de Russie, Inde et Chine, qui forment le groupe dit des BRIC.

Spécifiquement, a-t-il dit, le système mis en place par les accords de Bretton Woods en 1944 est dépassé et a besoin de prendre en compte le poids économique des pays émergents.

Le G7 — Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon — «n'est pas suffisant», a-t-il affirmé.

Les pays émergents demandent notamment que le G20 — qui inclut le G7, les BRIC plus des pays tels que l'Australie, l'Indonésie et la Turquie — soit renforcé et que ses réunions soient élevées du niveau ministériel à celui des chefs d'État et de gouvernement.

Avant cette réunion, M. Mantega avait affirmé que «l'économie mondiale a besoin de changements urgents. Ce sera l'un des thèmes centraux de cette très importante réunion au Brésil du G20».

La réunion devait être entièrement consacrée à la préparation du sommet du G20, convoqué d'urgence le 15 novembre à Was-hington par le président américain George W. Bush sous la pression des Européens.

Les dirigeants européens, réunis en sommet hier à Bruxelles, ont mis la pression sur les États-Unis en demandant des résultats dès début 2009, juste après l'entrée en fonction de Barack Obama.

«Nous demandons à être écoutés et entendus et vite», a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, qui préside l'Union européenne. «Je ne viens pas participer à un sommet de mondanités, les Européens ne se contenteront pas de quelques principes vagues», a-t-il prévenu.

Mais il était peu probable que les États-Unis, en pleine période de transition entre George W. Bush et son successeur, le démocrate Barack Obama, s'engagent dès maintenant sur des actions concrètes.

Celui-ci a promis, lors de sa première conférence de presse en tant que président élu, de s'attaquer «de front» à la crise économique la plus grave depuis celle de 1929 et «d'agir rapidement» dès sa prise de fonctions le 20 janvier.

Récession mondiale

D'après le FMI, la récession frappera les États-Unis, l'Europe et le Japon, mais toute la planète en pâtira: la croissance mondiale se réduira à un maigre 2,2 % en 2009 contre 3,7 % en 2008.

Les séances officielles du G20 de São Paulo s'ouvriront aujourd'hui en présence du président Luiz Inacio Lula da Silva et les participants diffuseront un communiqué final demain.

Le groupe des pays du G20, présidé par le Brésil, concentre 85 % du PIB de la planète et les deux tiers de sa population.

Les Européens, mais aussi le Brésil qui se veut le porte-parole des grands pays émergents, réclament une plus grande régulation des marchés, alors que les États-Unis et d'autres pays libéraux craignent un excès de règles.

«La communauté internationale a payé un prix élevé pour une crise dans laquelle la majorité des pays n'a aucune responsabilité. Il est de plus en plus difficile de nier aux économies émergentes et en développement une participation plus importante aux décisions mondiales», avait affirmé jeudi le ministre brésilien des Finances.