La Caisse de dépôt est satisfaite de la nomination d'Henri-Paul Rousseau

La Caisse de dépôt et placement du Québec a fort bien accueilli la nomination d'Henri-Paul Rousseau au poste de président-directeur général de l'institution.

«C'est un candidat de calibre, de belle qualité, qui répond aux objectifs de la Caisse pour les prochaines années», a déclaré le président-directeur général actuel de la caisse, Jean-Claude Scraire, en conférence de presse hier.


Il a fait valoir qu'il s'agit d'une personnalité crédible dans le milieu financier, expérimentée dans divers domaines comme le marché obligataire et le marché monétaire.


«C'est un spécialiste des questions économiques, c'est quelqu'un qui est reconnu pour son dynamisme et sa capacité de relever des défis», a dit M. Scraire.


La ministre des Finances, Pauline Marois, a annoncé la nomination de M. Rousseau hier. M. Scraire a toutefois fait valoir que la Caisse avait joué un rôle dans le processus. Il a tenu à souligner qu'un comité de la Caisse avait examiné le candidature de M. Rousseau et avait remis un rapport favorable au conseil d'administration. À son tour, le conseil d'administration a fait savoir au gouvernement qu'il souhaitait voir M. Rousseau occuper le poste de président-directeur général.


M. Scraire a raconté aux journalistes qu'il avait rencontré M. Rousseau après avoir constaté, à la lecture des journaux, que le nom de l'actuel dirigeant de la Banque Laurentienne circulait au sujet de la direction de la Caisse.


«Je ne dis pas que j'avais une grande confiance dans ma démarche, mais à mon grand étonnement, ç'a donné de bons résultats», a-t-il déclaré.


Il a expliqué qu'il voyait M. Rousseau presque tous les jours puisque la haute direction de la Banque Laurentienne a ses bureaux dans le même immeuble que la Caisse. «Je ne pensais pas qu'il voulait changer d'étage!», a-t-il lancé.


Lorsqu'il avait annoncé sa décision de quitter la présidence de la Caisse, il y a deux semaines, M. Scraire avait suggéré de confier au conseil d'administration le soin de nommer un nouveau président. Le gouvernement québécois n'avait pas apprécié la suggestion, préférant se garder cette prérogative.





Un précédent


Selon M. Scraire, la nomination de M. Rousseau constitue un précédent intéressant puisque le processus gouvernemental de nomination et le processus mis en place par la Caisse ont désigné le même homme.


Il a affirmé que cet exemple de réussite pourrait alimenter la réflexion au sein du gouvernement en ce qui a trait au processus de sélection.


Le nouveau président-directeur général de la Caisse touchera un salaire plus élevé que celui de M. Scraire. Celui-ci s'est cependant montré philosophe. «Pensons à l'avenir, a-t-il déclaré. M. Rousseau obtient des conditions qui doivent lui convenir.»


Il a affirmé que c'est surtout le plan d'intéressement à long terme lié à la performance, dont bénéficiera M. Rousseau, qui constitue une amélioration en fait de rémunération. «Dans mon cas, ça n'existait pas, a-t-il déclaré. Dans ce temps-là, ce n'était pas à la mode.»


M. Scraire quittera son poste le 31 août. Il a affirmé qu'il n'avait pas encore fait de plan au sujet de l'après-Caisse.


«Je prendrai deux ou trois jours pour penser à l'avenir», a-t-il indiqué.