Pratt & Whitney investit 575 millions à Mirabel

Le président de Pratt & Whitney Canada, Alain Bellemare, serre la main du premier ministre Jean Charest. La nouvelle usine de Mirabel devrait ouvrir ses portes à l’automne 2009.
Photo: Jacques Nadeau Le président de Pratt & Whitney Canada, Alain Bellemare, serre la main du premier ministre Jean Charest. La nouvelle usine de Mirabel devrait ouvrir ses portes à l’automne 2009.

Mirabel — Pratt & Whitney Canada a annoncé hier un investissement de 575 millions de dollars pour la construction d'une usine à Mirabel où seront notamment assemblés les moteurs des avions de la Série C de Bombardier.

Les nouvelles installations serviront à l'assemblage et aux essais, y compris les essais en vol, de nouvelles générations de moteurs PW800 destinés aux avions d'affaires Cessna et PW1524G destinés aux appareils de la Série C.

Le nouveau centre aéronautique de 300 000 pieds carrés sera construit en 2009 près du site choisi par Bombardier pour assembler sa nouvelle série d'avions de 110 à 130 sièges, à Mirabel, dans les Laurentides. Son ouverture est prévue pour l'automne 2009.

Le gouvernement du Québec participera à hauteur de 142 millions au projet.

«Il y a une concentration d'activité ici qui va avoir un effet d'attraction également pour les investisseurs étrangers et pour les équipementiers étrangers», a dit le premier ministre Jean Charest, en conférence de presse à Mirabel. «C'est ce que nous recherchons. [...] On peut, dans une politique globale, attacher les morceaux et faire en sorte qu'il y ait un effort commun», a-t-il ajouté.

Le président de Pratt & Whitney Canada, Alain Bellemare, a dit que l'annonce constitue «une expansion logique» des activités pour son entreprise, dans la foulée de la décision de Bombardier d'assembler à Mirabel les nouveaux appareils de la Série C.

«La compétition était entre une usine aux États-Unis et ici à Mirabel. [...] La raison pour laquelle nous avons décidé d'aller de l'avant ici à Mirabel, c'est en bonne partie à cause de la proximité de Bombardier», a dit M. Bellemare.

Selon le porte-parole de Pratt & Whitney, Jean-Daniel Hamelin, il était logique de choisir un même endroit pour l'assemblage des deux moteurs puisque leur technologie de base est la même.

L'investissement total devrait créer 565 emplois chez Pratt & Whitney dans ses trois installations au Québec, incluant les deux de la rive Sud de Montréal.

L'embauche des 325 emplois prévus pour la nouvelle usine de Mirabel devrait commencer l'an prochain et s'accélérer au fur et à mesure que l'entreprise obtiendra les certifications requises pour les moteurs, d'ici 2011.

La production des avions de la Série C devrait quant à elle commencer en 2013. La construction des moteurs de la famille PW800 débutera un an plus tard.

Le porte-parole de Bombardier, Marc Duchesne, a pour sa part estimé que la décision de Pratt & Whitney de construire le moteur «tout juste à nos côtés est un signe très positif pour nous».

Le géant du transport est pour sa part à la recherche de 600 professionnels, principalement des ingénieurs, ainsi qu'une centaine d'employés d'atelier. Lorsque la production de Série C atteindra son sommet en 2017, la compagnie d'attend à ajouter quelque 3500 emplois directs à son effectif.

Le ministre québécois du Développement économique, Raymond Bachand, s'est dit confiant que Pratt & Whitney et Bombardier pourront trouver la main-d'oeuvre dont ils auront besoin.

«Quand Bombardier a annoncé sa Série C cet été, dans les deux semaines qui ont suivi, le nombre d'inscriptions dans les écoles d'aéronautique a augmenté», a dit le ministre Bachand.

«Les jeunes d'aujourd'hui, ils regardent parfois les nouvelles disant que les compagnies aériennes vont mal, puis ils délaissent un secteur en oubliant que la fabrication et l'ensemble de la grappe aéronautique vont très bien», a-t-il ajouté.

Bombardier a annoncé la semaine dernière son intention d'embaucher quelque 200 des 800 travailleurs prévus pour son usine de Belfast, en Irlande du Nord, où seront construites les ailes des appareils de la Série C. Le fuselage sera construit en Chine par China Aviation Industry Corp. I (AVIC1).

L'action de Bombardier a reculé lundi de 49 cents, soit 10,7 %, pour clôturer à 4,10 $ à la Bourse de Toronto.