Réalignement du secteur des réseaux optiques - Nortel supprime encore 3500 emplois

Toronto — Nortel Networks a dit hier devoir supprimer encore 3500 emplois, dans le cadre d'un «réalignement» de ses activités liées aux réseaux optiques de longue distance.

Cette annonce d'une réduction majeure de l'effectif est la deuxième chez Nortel en six semaines. Le 18 avril, le chef de la direction, Frank Dunn, avait pourtant déclaré, en même temps qu'il faisait part de l'élimination de 3000 postes, «qu'il n'y aura plus de mesures de rationalisation à grande échelle au sein de l'entreprise».


Une semaine plus tard, à l'occasion de l'assemblée annuelle à Halifax, M. Dunn reconnaissait toutefois devant des actionnaires mécontents qu'il ne savait pas encore où il trouverait les revenus supplémentaires dont Nortel aurait besoin pour atteindre la rentabilité d'ici au quatrième trimestre.


Depuis le début de l'année dernière, Nortel a éliminé près de 54 000 emplois. La direction dit maintenant viser un effectif de 42 000 employés d'ici le mois de septembre.


«Nous visons à faire en sorte que toutes nos unités d'affaires soient rentables compte tenu de la conjoncture actuelle du marché», a déclaré M. Dunn, hier, dans un communiqué transmis avant l'ouverture des marchés boursiers. Nortel établit maintenant son seuil de rentabilité à 3,2 milliards $US en revenus trimestriels, comparativement à son objectif précédent de 3,5 milliards $US.


Nortel, qui a subi des pertes de 841 millions $US au premier trimestre de cette année et de 27,3 milliards $US pour l'ensemble de l'exercice précédent, ne cesse de rater ses objectifs financiers. Une telle situation n'aide en rien à rétablir la confiance des investisseurs boursiers, qui ont encore fait perdre à l'action de Nortel plus de 8 % de sa valeur à la Bourse de Toronto hier. Le titre a clôturé à 3,60 $, en baisse de 32 ¢.


À la Bourse de New York, l'action de Nortel ne valait plus que 2,35 $US, en baisse de 17 ¢.


La direction de Nortel a indiqué qu'«elle ne prévoit pas de reprise significative dans le marché des réseaux optiques longue distance avant la fin de 2003 ou le début de 2004». En conséquence, elle dit devoir procéder à une rationalisation de ce secteur, ce qui pourrait se traduire par une «vente éventuelle» des activités des composants optiques.


Le secteur des réseaux de fibre optique avait pourtant largement contribué à la croissance phénoménale de Nortel à la fin des années 1990 et au début des années 2000.


Un analyste de la firme IDC Canada, Lawrence Surtees, a souligné que les activités de réseaux de fibre optique de Nortel étaient principalement concentrées dans trois villes, soit Ottawa, Montréal et Atlanta.


«Il est raisonnable de croire qu'une bonne partie des 3500 emplois supprimés le seront au Canada, particulièrement à Ottawa et peut-être aussi à Montréal», a dit M. Surtees.


Un porte-parole de Nortel n'a pas voulu donner de détails quant à l'impact des mises à pied dans les différentes villes où l'entreprise est présente.


La firme de courtage Merrill Lynch a pour sa part accueilli favorablement les dernières mesures de restructuration de Nortel, disant y voir la confirmation que Nortel est en meilleure position que quiconque parmi les grands de cette industrie pour atteindre le seuil de rentabilité.


«Nous nous réjouissons de cette décision, même si elle signifie que Nortel devra encore consacrer 200 précieux millions de dollars US pour des indemnités de départ», a précisé Merrill Lynch.