Assemblée annuelle des actionnaires - BCE envisage de racheter les actions de Bell Canada vendues en 1999

BCE envisage la possibilité de racheter les actions de Bell Canada qu'elle avait vendues à une société américaine en 1999.

Ameritech, qui porte maintenant le nom de SBC Communications, avait alors payé 5,1 milliards pour obtenir 20 % des actions de Bell Canada.

«Dans un contexte de saine discipline financière, nous évaluerons la pertinence de réintégrer totalement Bell Canada», a déclaré le président et chef de la direction de BCE (Bell Canada Entreprises), Michel Sabia, à l'occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires de BCE hier.

«Même si SBC et nous n'avons pas encore pris de décision, nous croyons que la perspective de pouvoir compter sur 100 % du bénéfice et des revenus de Bell mérite une sérieuse réflexion», a-t-il déclaré.

En 2001, Bell Canada est le seul secteur de BCE qui a contribué de façon positive au bénéfice net de l'entreprise.


Entente avec SBC

En vertu de l'entente conclue en 1999, SBC peut forcer BCE à racheter les actions de Bell pendant deux périodes précises, soit entre le 1er juillet et le 31 décembre 2002 et entre le 1er juillet et le 31 décembre 2004. En vertu de l'entente, BCE peut également forcer SBC à lui vendre les actions pendant ces deux mêmes périodes. «Nous regardons cette possibilité d'un oeil positif, pas d'un oeil craintif», a déclaré M. Sabia en conférence de presse après l'assemblée.

Le prix doit correspondre à la valeur marchande des actions, plus une prime de 25 %. Cela revient à plusieurs milliards de dollars.

M. Sabia a indiqué que BCE n'avait pas l'intention de procéder à la vente d'actifs pour procéder au rachat des actions de Bell Canada. Il a rappelé qu'en faisant l'acquisition de 20 % de Bell, BCE obtiendrait 20 % de ses revenus et de ses bénéfices. Financer une telle transaction ne serait donc pas un défi insurmontable.

«Je ne dis pas que ce serait facile, c'est beaucoup d'argent, mais nous sommes une société qui dispose de beaucoup de ressources et Bell Canada est un actif de grande qualité, a-t-il déclaré. J'ai confiance que nous pouvons le faire.»


Une erreur

Par ailleurs, M. Sabia a reconnu que l'achat de Téléglobe, il y a deux ans, avait été une erreur.

«La réalité est que nous allons devoir faire un trait sur cet actif de quelque huit milliards de dollars, a-t-il déclaré aux actionnaires. Si nous avions su, BCE ne se serait pas engagée dans cette voie.»

Il y a quelques semaines, BCE a fait savoir qu'elle n'apporterait plus de soutien financier à Téléglobe.


Les risques associés à BCI

M. Sabia a également fait savoir hier que BCE entendait prendre des mesures pour réduire ses risques dans le cas de BCI (Bell Canada International), une entreprise de téléphonie mobile qui concentre ses activités en Amérique du Sud.

L'action de BCI, qui se transigeait autour de 45 $ l'année dernière, se retrouve maintenant à 2 ¢.

«Nous n'avons pas l'intention d'investir davantage dans BCI, a déclaré M. Sabia. Ce n'est pas une société stratégique pour nous, ce n'est pas une société qui va faire partie de l'avenir de notre société.»

Il a cependant affirmé que BCE Emergis était stratégique pour BCE, tout comme Bell Globemedia et le placement de BCE dans CGI.

BCE a enregistré des revenus de 21,7 milliards en 2001 et un bénéfice net de seulement 459 millions, en raison notamment d'une perte de 607 millions chez Téléglobe. En 2000, le bénéfice net de BCE avait atteint 4,8 milliards.