Pendant que les banques pâtissent - Desjardins engrange les profits

Pendant que trois des cinq plus grandes banques canadiennes subissaient une chute de profits d'au moins 50 % au premier trimestre, en raison principalement de leurs mauvaises créances dans le secteur des télécommunications, le Mouvement des caisses Desjardins améliorait sa rentabilité de 55 %.

Le Mouvement Desjardins a réalisé, pour les trois premiers mois de son exercice, des excédents avant ristournes aux membres — qui tiennent lieu de profits pour cette coopérative — de 192 millions, en hausse de 68 millions, ou 54,8 %, par rapport à la période correspondante de 2001.


Cette performance a permis de porter à 14,7 % le rendement sur l'avoir, comparativement à 10,1 % au premier trimestre de l'année dernière. De plus, 56 millions ont été retournés aux membres sous forme de ristournes, soit une augmentation de près de 44 % par rapport à la même période en 2001.





Chute des profits des banques


Depuis deux semaines, les grandes banques canadiennes, concurrentes de Desjardins sur le marché québécois, présentent des résultats qui témoignent des sommes considérables qu'elles ont englouties en prêts à des entreprises de télécommunications maintenant en pleine déconfiture, telle Téléglobe. Les banques de Montréal, CIBC et TD ont subi des chutes substantielles de leurs profits en raison principalement des majorations de leurs provisions pour pertes sur prêts. Seules les banques Royale et Scotia sont parvenues à accroître leurs profits, d'un peu plus de 10 %.


La Banque Nationale, sixième en importance au pays, doit divulguer ses résultats aujourd'hui.


Selon le président et chef de la direction de Desjardins, Alban D'Amours, les «excellents résultats» du groupe témoignent «de la vigueur de l'économie québécoise».


Ainsi, le portefeuille de prêts du réseau coopératif Desjardins a connu une croissance annuelle de 5,3 % pour atteindre 55 milliards au 31 mars dernier.


«La demande de crédit auprès du réseau s'est donc de nouveau renforcée à la faveur d'une solide poussée du marché de l'habitation, a précisé Desjardins. En fait, les secteurs de la construction neuve et de la revente de maisons existantes ont continué sur leur lancée depuis le début de cette année.»


Pour le seul secteur de l'immobilier résidentiel, le portefeuille de prêts de Desjardins a connu une croissance annuelle de 6,5 %, à 29,6 milliards.


Les provisions et pertes sur prêts pour le premier trimestre 2002 ont atteint 31 millions, en baisse de 11,4 % par rapport aux 35 millions de la période correspondante de l'année dernière.