L'économie du Québec est épargnée par la crise, se réjouit Bachand

Malgré le ralentissement américain et la crise financière qui s'étend maintenant jusqu'à l'Europe, l'économie québécoise tient bon, affirme le ministre du Développement économique, Raymond Bachand.

«Globalement, pour l'instant, l'économie du Québec, même si ça ne sera pas une croissance fulgurante, elle tient le coup», constate le ministre Bachand.

«Les États-Unis sont probablement en ralentissement prononcé. Ils vont nous annoncer dans quelques mois qu'ils sont probablement techniquement aujourd'hui en récession. Mais là, ils prennent les moyens pour en sortir. L'Europe aussi est en ralentissement prononcé. L'économie du Québec va être affectée parce que nos entreprises vendent dans ces marchés-là. Mais on a quand même une solidité qu'on n'a jamais eue depuis 50 ans.»

Le ministre du Développement économique cite des secteurs économiques qui continuent de bien se comporter, comme l'industrie pharmaceutique, le génie civil et l'aéronautique.

Il concède que d'autres secteurs, comme le meuble, l'industrie forestière et celle des pièces automobiles, vont davantage souffrir, puisqu'ils dépendent beaucoup des exportations vers le marché américain.

Le ministre souligne que les investissements gouvernementaux annoncés dans les infrastructures y jouent aussi pour beaucoup, soutenant la construction et le génie civil.

Ralentissement?

Présent à la même conférence de presse que le ministre Bachand, le p.-d.g. du Fonds de solidarité FTQ, Yvon Bolduc, s'est montré moins optimiste pour l'ensemble de l'économie québécoise.

«Ma conviction, c'est qu'on est probablement dans un ralentissement qui va nous toucher pendant au moins un bon 18 mois, si ce n'est pas 24 mois», a-t-il confié en entrevue.

«On est présentement dans une crise financière. Au Canada, on ne peut pas dire qu'on est atteint par la crise économique. On ne parle pas de pertes d'emplois massives, on ne parle pas de fermetures. Nous, notre portefeuille d'investissement dans les entreprises privées au Québec, ça va relativement bien. C'est sûr qu'on voit des signes, des signes de ralentissement», a concédé M. Bolduc.

Néanmoins, M. Bolduc assure que le Fonds de solidarité est très solide financièrement et n'a pas de dette, ce qui le place en excellente posture pour affronter les remous.

«Quand je regarde les entreprises dans notre portefeuille, quand je regarde la performance du Fonds de solidarité, oui on est sur le même océan financier, et ça brasse. Il y a une tempête, mais notre bateau, notre chaloupe est très, très solide. On va passer à travers sans aucun doute.»

FTQ inquiète

En entrevue, le président de la FTQ, Michel Arsenault, a exprimé son inquiétude devant la situation économique incertaine.

«Nous on est inquiet. Ça ne peut pas faire autrement qu'avoir des déversements sur l'économie québécoise. Ce qui se passe aux États-Unis, on n'est pas étranger à ça. C'est là où on exporte le plus; c'est le plus gros client du Québec», a rappelé le président de la plus grosse centrale syndicale québécoise.

«Je trouve ça triste que le premier ministre [Stephen Harper], qui est en campagne électorale, ne voit pas l'importance» des turbulences économiques, a déploré M. Arsenault.

Fait à noter, la FTQ a résolument pris position en faveur du Bloc québécois dans le cadre de la présente campagne électorale.

Les trois hommes ont fait ces commentaires après qu'ils eurent participé à une conférence de presse annonçant la prolongation du mandat du Fonds étudiant solidarité travail du Québec.