Les voitures hybrides veulent conquérir un plus large marché

Takeo Fukui, président de Honda, dévoilait avant-hier, la nouvelle Honda Insight hybride, au salon automobile de Paris.
Photo: Agence Reuters Takeo Fukui, président de Honda, dévoilait avant-hier, la nouvelle Honda Insight hybride, au salon automobile de Paris.

Paris — Malgré une percée encore limitée des véhicules hybrides, les constructeurs automobiles parient plus que jamais sur ces voitures roulant à la fois au carburant et à l'électricité, à l'instar de PSA ou Honda qui présentent de nouveaux projets au Mondial de l'automobile.

Le japonais Honda a dévoilé le prototype de sa future Insight hybride, une berline cinq portes commercialisée au printemps 2009 et qui se veut «la voiture hybride la moins chère du marché», à moins de 20 000 euros.

«L'ambition au niveau mondial est de vendre 200 000 unités par an», dont 5000 en France, soit 25% des ventes dans le pays, assure Christophe Decultot, directeur général de Honda France.

Même si Honda affirme que son nouveau modèle n'a pas à être «comparé directement à la Prius» de son concurrent japonais Toyota, qui domine largement le marché de l'hybride, il va devenir un dangereux concurrent.

Pour l'instant, la compétition reste quasiment cantonnée aux deux marques japonaises: «Il n'y a que deux constructeurs qui proposent vraiment des hybrides, c'est Toyota et Honda», explique Guillaume Mouren, analyste chez Xerfi.

Et l'Insight «va commencer à sérieusement menacer la Prius», commercialisée autour de 26 000 euros, en se rapprochant des prix des véhicules à essence, souligne-t-il.

Toyota, pionnier et leader du marché, dévoilera pour sa part la troisième version de son modèle à succès lors du salon de Détroit en janvier prochain.

Lancée au Japon en 1997, la Prius a été introduite dans le reste du monde à partir de 2000. Toyota a annoncé en mai en avoir vendu plus d'un million d'exemplaires.

«Les hybrides sont vraiment un facteur clé» parmi les solutions technologiques avancées, continue à penser Tadashi Arashima, p.-d.g. de Toyota Motor Europe.

Son groupe vise des ventes d'un million de voitures hybrides au début des années 2010, pour ensuite étendre cette technologie à tous ses modèles dans la décennie 2020.

D'ici là, de nouveaux acteurs souhaitent se lancer sur ce marché prometteur. Sur le créneau du haut de gamme, Mercedes présente au Mondial sa S400 BlueHybrid, tandis que sa concitoyenne allemande BMW dévoile la 750i Active-Hybrid.

Les deux modèles sont cependant des hybrides partiels, qui ne proposent qu'une baisse limitée de la consommation d'essence.

Pour leur part, les Français ont pris du retard, les premiers modèles diesels hybrides de PSA devant être commercialisés en 2011 seulement. La Peugeot Prologue et la Citroën Hypnos présentées au salon sont encore des prototypes.

Mais le président de PSA Christian Streiff pense que ce type de motorisation aura un rôle très important à l'avenir: «Cette technologie pèsera entre 10 et 50 % du marché lors de la prochaine décennie. Nous nous préparons à l'hypothèse 50 %», a-t-il déclaré récemment.

Les ventes de ce type de véhicules restent encore anecdotiques, en dehors des marchés américains et japonais: les hybrides ont représenté 0,31 % du total des ventes en janvier-août 2008 dans les cinq plus grands pays d'Europe occidentale (0,39 % en France), selon les chiffres du cabinet spécialisé Polk.

Mais elles vont «forcément» se développer avec la hausse des prix de l'essence et la baisse des prix de vente, prévoit M. Mouren.

Les Français sont 92 % à penser que la technologie hybride sera la plus utilisée dans les voitures dans une vingtaine d'années, selon un sondage publié cette semaine.