Fort départ pour Sunwing, à son troisième hiver au Québec

Le directeur exécutif de Sunwing, Sam Char
Photo: Jacques Grenier Le directeur exécutif de Sunwing, Sam Char

Campagnes électorales, crise financière aux États-Unis, ralentissement économique au Canada... Peu importe, les Québécois seront encore plus nombreux à gagner le sud cet hiver. Vacances Sunwing connaît la plus forte progression du «Réservez tôt» de son histoire au Québec, une histoire qui a commencé il y a peu puisque le voyagiste n'a officiellement pris son envol dans le ciel montréalais que le 4 novembre 2006. Depuis, l'entreprise emploie 300 personnes dans la province et a transporté 250 000 passagers. Elle entame son troisième hiver avec une offre de 180 000 sièges, soit une hausse de 33 %.

Devenu rapidement le deuxième voyagiste au Canada, Vacances Sunwing amorce sa saison hivernale avec un parc de 15 Boeing 737-800 nouvelle génération, contre neuf l'an dernier. Cinq de ces appareils, dont celui basé à Ottawa, tomberont sous la direction de la division québécoise du voyagiste, qui compte un siège social à Montréal et une base d'opération à Québec. Bref, la croissance est au rendez-vous.

«Depuis deux ans, nous avons transporté au total 250 000 passagers québécois, et nous entamons notre troisième hiver avec une capacité de 180 000 sièges, en hausse de 33 %», a précisé Sam Char, le directeur exécutif de Sunwing au Québec. En un peu plus de cinq ans au Canada, Sunwing est devenu le deuxième voyagiste au pays, derrière Transat. L'entreprise dessert 35 destinations à partir d'une trentaine d'aéroports. Au Québec, Sunwing a innové en greffant à sa desserte montréalaise des services à partir des aéroports de Québec, de Bagotville et — nouveauté cette année — de Val d'Or, vers certaines destinations soleil. Résultat: l'entreprise emploie quelque 1000 personnes au Canada dont 300 au Québec, incluant plus de 80 personnes à la base de Québec. «En tant qu'entrepreneur, je ne peux qu'être fier de cette création d'emplois», a commenté celui qui cumule plus de 20 années d'expérience dans le secteur du voyage au Québec.

L'entreprise familiale se dit rentable, très rentable même. Sunwing connaît cette année sa plus forte croissance et la plus forte rentabilité de son histoire. Sa marge bénéficiaire est, de loin, supérieure à celle des autres entreprises de voyages cotées en Bourse. Difficile cependant de le vérifier, l'entreprise n'étant pas inscrite en Bourse. «Autour de chaque avion tournent entre 75 et 80 millions de dollars», a illustré Sam Char. Pour l'exercice en cours, Sunwing devrait atteindre un chiffre d'affaires de 700 millions et multiplier ses revenus par 2,5 sur un an (et par 50 par rapport aux 14 millions comptabilisé la première année).

Aéroports régionaux

Une croissance qui n'est pas sans déranger. «Cette croissance vient du fait que nous avons été à contre-courant. Alors que tout le monde coupait, nous avons joué la carte des services à bord. Cet hiver encore, alors que tous les autres cherchent à réduire davantage leur service en vol, nous, nous allons l'augmenter. Il faut être différent.» La clientèle apprécie. «C'est le consommateur qui revient, qui demande à l'agence de voyages de réserver sur Sunwing. Notre force a été le bouche à oreille.»

«Nous avons également pris le risque de desservir des aéroports régionaux. Sunwing est également arrivée au Québec avec des avions neufs, moins énergivores. C'est le type d'avion le plus économique.» Sam Char insiste: «De juillet 2006 à juillet 2008, la facture de carburant a bondi de 60 %. Ça nous touche, mais ça affecte davantage nos concurrents.»

«Nous savons ce que nous faisons. Et nous allons là où il y a une demande.» Cela vaut pour le choix de Sunwing de faire preuve de patience dans le déploiement de ses vols vers l'Europe. «Vous allez le voir dans les prochains résultats des transporteurs. Le coût d'exploitation des longs-courriers a été particulièrement élevé cet été.» Sunwing regarde vers l'Europe. «Il entre dans nos intentions d'y aller, mais on le fera s'il y a une demande dans les deux sens, avec le bon type d'appareil, offrant un bon coût par siège. On le fera si l'on peut offrir une valeur ajoutée.»

Sam Char rappelle qu'il peut en coûter de 6000 à 8000 $ environ à une famille de quatre personnes pour s'offrir des vacances dans le sud. «On parle de 12 000 ou de 15 000 $ avant impôts. Ces voyageurs ont le choix entre nous et une demi-douzaine d'autres. Lorsqu'ils nous choisissent, nous leur disons merci. Nous les remercions dès qu'ils s'assoient à bord de nos appareils.» Les vacances commencent à bord. «Nous sommes les seuls à offrir un vrai tout-inclus», lance-t-il.

Meilleure croissance

La concurrence est vigoureuse et les concurrents, particulièrement féroces. S'ajoute une conjoncture économique plus difficile. Sam Char demeure optimiste: «Nos ventes à l'avance affichent leur meilleure croissance de notre histoire, et ce, tant au Québec qu'au Canada.» À l'instar des Européens, les Québécois sont de bons vivants. Ils aiment s'amuser, bien manger, se distraire. C'est leur fibre latine qui vibre. «Ils vont couper dans les courts séjours, mais ils vont tout faire pour conserver leur semaine ou leurs deux semaines dans le sud.»

Le numéro un de Sunwing au Québec se dit optimiste, mais réaliste. «Si la conjoncture devient plus difficile, nous avons la flexibilité nécessaire pour nous adapter.» S'il faut réduire la voilure, consolider des vols ou des avions, «nous pouvons bouger rapidement. La taille de notre entreprise et les particularités de notre flotte nous apportent une rapidité de décision et d'exécution».

Sunwing en a fait la démonstration en septembre dernier, lorsque le britannique XL Airways a annoncé l'interruption de ses activités. Sunwing louait quatre appareils à XL. Ces contrats ont été immédiatement repositionnés auprès de trois autres compagnies aériennes européennes. «Sunwing est une entreprise familiale, détenue par des capitaux privés. Ses cadres sont des entrepreneurs qui en ont vu, qui ont navigué en des temps plus faciles comme en période plus troublée.»