Marchés boursiers - Les Bourses s'inquiètent de la récession

À Toronto, l’indice S&P/TSX est tombé de 813,97 points, pour terminer à 10 900,54 points, soit à son niveau le plus bas depuis juin 2006. À New York, le Dow Jones a quant à lui reculé de 348,22 points, ou 3,2 %, pour terminer la séance 10 482,8
Photo: Agence Reuters À Toronto, l’indice S&P/TSX est tombé de 813,97 points, pour terminer à 10 900,54 points, soit à son niveau le plus bas depuis juin 2006. À New York, le Dow Jones a quant à lui reculé de 348,22 points, ou 3,2 %, pour terminer la séance 10 482,8

Les principaux indices boursiers nord-américains ont une nouvelle fois piqué du nez hier, au lendemain du vote favorable du Sénat au plan de sauvetage de 700 milliards $US du secteur financier. Dans l'attente d'un vote, crucial celui-là, par la Chambre des représentants, les marchés ont été plombés hier par les craintes d'une récession imminente.

À Toronto, l'indice S&P/TSX est tombé de 813,97 points, ou de 7 %, au cours de la séance pour terminer à 10 900,54 points, soit à son niveau le plus bas depuis juin 2006. Largement sous influence des ressources naturelles, l'indice torontois a subi les contrecoups de l'impact d'une récession éventuelle sur le cours des matières premières.

Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de light sweet crude pour livraison en novembre a fini à 93,97 $US, en baisse de 4,56 $US par rapport à mercredi. «Les investisseurs craignent un fort ralentissement de l'économie mondiale», a commenté Adam Sieminski, de la Deutsche Bank. «Il y a le sentiment qu'un sérieux ralentissement économique est en train de se produire, qu'il devrait continuer à agir de manière négative sur les prix des matières premières», a relevé John Kilduff, de MF Global. «Les alarmes sonnent partout dans le monde.» L'or a également fortement reculé, perdant plus de 40 $US l'once hier.

Le dollar canadien, qui porte l'étiquette d'une devise-ressource, a absorbé le choc avec un recul de 1,56 ¢US, à 92,60 ¢US. La devise canadienne est en baisse de 4 ¢US depuis vendredi, revenant à son niveau le plus bas depuis mai 2007.

La Bourse de New York a également chuté hier. Le Dow Jones, indice symbolique, a reculé de 348,22 points, ou 3,2 %, pour terminer la séance 10 482,85 points. Le Nasdaq s'est replié de 4,5 %. Plus large et plus représentatif, le S&P 500 a abandonné 4 %, à 1114,28.

La tension a été perceptible tout au long de la séance sur le marché, à la veille d'une journée chargée. «Le grand moment, c'est vendredi [aujourd'hui]: nous allons voir le rapport mensuel sur l'emploi, et aussi si le plan de sauvetage du système financier américain sera enfin adopté par le Congrès», a indiqué Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.

Hier, les investisseurs ont réagi aux statistiques mettant en exergue la détresse de l'économie américaine. Ils ont retenu l'augmentation du nombre hebdomadaire des nouveaux chômeurs indemnisés aux États-Unis, qui se situe désormais à un plus haut depuis sept ans. Le tableau s'est ensuite encore assombri, avec la baisse de 4 % des commandes industrielles aux États-Unis enregistrée en août.

L'Europe

En Europe, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a estimé hier que la crise financière constituait «un événement jamais rencontré depuis la Deuxième Guerre mondiale» et a appelé à une meilleure coordination des Européens pour y faire face. «Rien dans le passé ne ressemble à ce que nous voyons actuellement», a déclaré M. Trichet sur la chaîne France 24. «C'est un phénomène de très, très grande ampleur, une période d'incertitude absolument exceptionnelle», a-t-il souligné.

Alors que les Européens sont divisés sur la réponse à apporter à la crise financière, deux jours avant un mini-sommet de chefs d'États européens demain à Paris, il a assuré que «ce n'est pas la zizanie» en Europe.

Un peu plus tôt dans la journée, la BCE a annoncé le maintien de son taux directeur à 4,25 %. Retenant encore la carte de l'inflation, le conseil des gouverneurs n'a cependant pas écarté l'option d'une réduction de ce taux pour faire face à la crise.

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Avec l'Agence France-Presse