Crise financière américaine - Des projets de retraite à revoir

À cause de la crise financière qui secoue les États-Unis, bien des gens, même au Québec, qui avaient fait des projets de retraite pour bientôt devront peut-être revoir leurs plans, estime la présidente et chef de la direction du Mouvement des caisses Desjardins, Monique Leroux.

«Les conditions que nous vivons dans nos marchés, actuellement, vont peut-être amener bien des gens qui avaient planifié une retraite, d'une certaine manière, à devoir reconsidérer un peu leurs plans, leur plan de vie, leur plan de travail», a avancé hier Mme Leroux.

La crise des marchés financiers est surtout présente aux États-Unis, mais elle «affecte l'ensemble du monde, ça c'est très clair». C'est en fait une crise du crédit, celle-ci ayant été alimentée par la surconsommation aux États-Unis, a indiqué Mme Leroux. «C'est en train de changer un petit peu la donne. On va devoir envisager différemment, outre le défi démographique, la suite des choses.»

Pierre Brunet, président du conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a invité au calme et à la patience devant ces secousses financières. «En fait, il y a un ajustement brusque des marchés, a-t-il dit. Mais ce n'est pas la première fois que ça arrive. En 1987, c'était beaucoup plus drastique que ça; c'était presque 35 % à l'intérieur d'une même journée.»

M. Brunet croit pour sa part qu'«il est trop tôt» pour revoir ses plans de retraite. «Si ça durait comme ça pendant cinq ans, c'est sûr que tout le monde devrait penser à d'autres choses. Mais là, on vient de commencer cette crise. Attendons voir combien de temps elle dure», a-t-il conseillé.

Mme Leroux et M. Brunet ont participé, hier, à une table ronde organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, où on avait invité des gens d'affaires en vue à venir prédire ce que sera le Québec dans 20 ans. Le même exercice avait été fait en 1988.

Les questions démographiques, de la retraite, des pénuries de main-d'oeuvre et du coût des programmes sociaux ont donc été abordées par les conférenciers. Pour que le Québec continue de prospérer d'ici 20 ans, il importe de réinvestir et «massivement» dans l'éducation postsecondaire, a plaidé Isabelle Courville, présidente d'Hydro-Québec TransEnergie. «Si on pense qu'on va s'en sortir avec l'argent qu'on met dans les universités, je pense qu'on se trompe, a-t-elle lancé. Les problèmes de formation et de relève sont urgents.»