Dossier du bois d'oeuvre - Chrétien demande de nouveau à Bush l'abandon des droits compensatoires

Ottawa — Le premier ministre Jean Chrétien a essayé, une fois de plus, de convaincre le président américain George W. Bush de mettre au rancart les mesures protectionnistes sur le bois d'oeuvre. Ses efforts sont cependant demeurés vains.

Les deux hommes se sont rencontrés en marge d'une réunion des pays de l'OTAN, à Rome, en Italie. M. Chrétien a indiqué aux journalistes avoir utilisé un ton «vigoureux» avec le président Bush, avec lequel a également été abordée toute la question de la nouvelle loi américaine octroyant de généreuses subventions aux fermiers. Malgré les pressions de M. Chrétien, le président américain n'a pas bronché et aurait fait porter la faute sur le Congrès et le Sénat américain.





Renvoyer la balle


«C'est toujours la même chose avec le président des États-Unis: oui mais le Congrès et le Sénat [...] Au Canada, on blâme ou on félicite le premier ministre parce qu'il ne peut pas renvoyer la balle à quelqu'un d'autre», a déclaré M. Chrétien.


C'est d'ailleurs le premier ministre, son ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, et son ministre de l'Agriculture, Lyle Vanclief, qui ont fait les frais des critiques acerbes de l'opposition, hier, lors du débat d'une motion de non-confiance présentée par l'Alliance canadienne. La motion stipule que «la Chambre a perdu confiance dans le gouvernement parce qu'il n'a pas su persuader le gouvernement des États-Unis de mettre fin aux politiques protectionnistes causant préjudice aux secteurs canadiens de l'agriculture et du bois d'oeuvre».


Depuis la semaine dernière, le bois d'oeuvre canadien qui traverse la frontière est frappé de pénalités de 27 %. Ces sanctions commerciales, décriées fortement par Ottawa, l'industrie et les syndicats, ont déjà commencé à avoir des répercussions négatives sur ce secteur, des compagnies devant effectuer des mises à pied et fermer temporairement des scieries.