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Grande-Bretagne - L'opérateur aéroportuaire BAA met en vente le deuxième aéroport de la capitale

Ces chariots à bagages de l’aéroport de Gatwick devront être repeinturé bientôt, lorsque l’aéropor les installations aéroportuaires appartenant à BAA seront vendues.
Photo: Agence Reuters Ces chariots à bagages de l’aéroport de Gatwick devront être repeinturé bientôt, lorsque l’aéropor les installations aéroportuaires appartenant à BAA seront vendues.

Londres — L'opérateur aéroportuaire BAA, filiale du groupe espagnol Ferrovial, propriétaire de Londres-Heathrow et accusé de monopole par les compagnies aériennes, a annoncé hier avoir mis en vente le deuxième aéroport de la capitale, Gatwick, avant même d'y être obligé par le régulateur.

«Nous avons décidé de commencer immédiatement le processus de vente de l'aéroport de Gatwick», a déclaré dans un communiqué Colin Matthews, directeur général de BAA, soulignant que Gatwick était «l'un des premiers aéroports d'Europe, et l'aéroport à piste unique le plus fréquenté du monde, avec 35 millions de passagers l'an dernier». Les estimations les plus fréquentes font état d'un prix de vente possible de trois milliards de livres (5,7 milliards de dollars).

La compagnie Virgin Atlantic, qui appartient à 51 % au groupe Virgin du milliardaire Richard Branson, et à 49 % à Singapore Airlines, s'est aussitôt déclarée intéressée par un rachat en consortium. Manchester Airports Group, qui gère quatre aéroports régionaux en Angleterre, et le groupe allemand Hochtief, qui possède déjà plusieurs aéroports en Europe, seraient également des candidats possibles.

Concurrence

BAA, qui possède trois aéroports à Londres (Heathrow, Stansted et Gatwick), un autre aéroport dans le sud-est de l'Angleterre, à Southampton, et trois aéroports en Écosse (Glasgow, Edimbourg et Aberdeen), fait l'objet depuis des mois d'une enquête de la Commission de la Concurrence. Cette enquête est alimentée par les récriminations des compagnies aériennes sur l'étendue du pouvoir de fixation des prix et la mauvaise qualité de service supposée de BAA.

Le groupe a été racheté en 2006 par un consortium emmené par le groupe de BTP espagnol Ferrovial, essentiellement par endettement.

Le mois dernier, la Commission est allée plus loin qu'attendu, relevant des «problèmes de concurrence sérieux» et préconisant la cession de Gatwick, Stansted et d'un aéroport écossais, soit Édimbourg soit Glasgow. Elle ne doit rendre ses conclusions définitives que début 2009.

Avec la cession immédiate de Gatwick, BAA semble vouloir faire la part du feu, et montrer sa bonne volonté au régulateur tout en continuant à essayer de le convaincre de lui laisser Stansted - outre Heathrow, premier aéroport mondial pour le trafic international - et ses aéroports écossais.

Interrogé hier sur la radio BBC, M. Matthews a estimé que la vente de Gatwick «prendrait du temps, facilement un an», et a indiqué avoir reçu «des témoignages d'intérêt» pour l'aéroport. Mais «nous continuerons à nous défendre» sur le reste, a-t-il indiqué.

Tandis que Ryanair, traditionnellement très critique contre BAA, restait muette hier, d'autres compagnies, Flybe ou easyJet, ont approuvé la décision de vente de Gatwick tout en appelant à une meilleure régulation.

Bien que candidate au rachat, Virgin Atlantic elle-même a estimé que «Gatwick n'a pas seulement besoin d'un nouveau propriétaire, mais d'un système de régulation beaucoup plus sévère, garantissant que son prochain propriétaire ne deviendra pas un clone de BAA».