Malgré les efforts du syndicat - GM songe à démolir l'usine de Boisbriand

Toronto — La direction de General Motors du Canada envisage de démolir l'usine d'assemblage de Boisbriand peu de temps après sa fermeture, prévue pour la fin du mois d'août, malgré les efforts du syndicat pour la conserver intacte dans l'espoir de trouver un éventuel acquéreur.

«Nous considérons que le site sera plus facile à vendre s'il n'y a plus d'usine», a déclaré hier un porte-parole de GM Canada, Stew Low, après une réunion à Montréal entre des représentants de l'entreprise et du Syndicat des travailleurs canadiens de l'automobile.


M. Low a toutefois précisé que les négociations se poursuivent avec les TCA et que la direction de GM n'a pas encore pris de décision finale quant au sort de l'usine.


L'usine d'assemblage de Boisbriand, construite en 1965, doit cesser ses activités le 29 août. GM entend ensuite y conserver pendant quelques mois environ 200 travailleurs, sur un effectif total de 1300 actuellement, qui veilleront à l'entretien des installations ainsi qu'au retrait de l'équipement.


En septembre dernier, GM avait invoqué la faible demande des modèles Camaro et Firebird qui sont construits à Boisbriand ainsi qu'une surcapacité de production en Amérique du Nord pour justifier la fermeture de la seule usine d'assemblage au Québec.


Les TCA et la direction de GM négocient depuis plusieurs semaines au sujet de l'usine de Boisbriand, mais les discussions portent surtout sur les indemnités qui seront versées aux travailleurs mis à pied ainsi que sur le régime de retraite.


Hier, les TCA ont demandé à GM de garder l'usine intacte pour une période qui pourrait aller jusqu'à deux ans, afin de permettre la poursuite des discussions entre le syndicat, la direction de GM et les gouvernements à propos d'une nouvelle vocation pour cette usine.


«Ce que nous voulons, c'est un autre produit, qu'il s'agisse d'une coentreprise ou d'une usine de pièces», a déclaré le président des TCA, Buzz Hargrove.


M. Low a pour sa part déclaré qu'il était hors de question que GM change d'avis concernant la fermeture de l'usine.


«Nous n'allons certainement pas faire toutes ces dépenses pour la fermeture de l'usine et ensuite nous raviser et la remettre en marche», a dit M. Low depuis le siège social canadien de GM, à Oshawa en Ontario.


«Nous ne pouvons pas concevoir une éventuelle réouverture, certainement pas sous la bannière GM», a-t-il ajouté.


M. Hargrove a dit souhaiter qu'une décision soit prise le plus rapidement possible dans le cas de l'usine de Boisbriand, parce que ses travailleurs n'auront plus le moindre pouvoir de négociation une fois que GM aura fermé les lieux.


M. Low a pour sa part indiqué que GM pourrait transférer l'équipement de Boisbriand à d'autres usines ou encore le mettre en vente.


Quoi qu'il en soit, la direction de GM Canada estime qu'elle trouvera plus facilement preneur pour un terrain vacant que pour une usine qui ne peut servir qu'à l'assemblage d'automobiles.


«Il y a fort à parier que peu de gens dans le monde seraient intéressés à faire l'acquisition d'une usine d'assemblage d'automobiles de 2,1 millions de pieds carrés située au nord de Montréal, dans l'état où elle se trouve actuellement», a dit M. Low.


Il a été impossible, hier, de joindre des représentants québécois des TCA pour obtenir leurs commentaires.