Jetsgo prévoit effectuer son premier vol le 12 juin

Michel Leblanc va de l'avant en lançant sa quatrième compagnie aérienne en 15 ans. Après Quebecair, Intair et Royal, le revoilà pilotant Jetsgo, qui doit effectuer ses premiers vols le 12 juin. Concentré dans l'Est canadien, le nouveau transporteur à rabais sera basé à Montréal et reposera sur une flotte initiale de trois appareils déployés sur les corridors Montréal, Toronto, Halifax, Winnipeg et Vancouver.

Ces trois appareils sont des Boeing MD83 configurés à 160 sièges. Un quatrième devrait être ajouté à la flotte à l'automne. Ils seront alignés contre le service à rabais Tango, offert par Air Canada, mais Michel Leblanc parle plutôt du transport terrestre (par train, autobus et voiture) lorsque vient le temps d'aborder la compétition. «Il y a une demande pour un transporteur à rabais qui offre des bas prix tous les jours et qui soit compétitif avec le train, l'autobus et la voiture», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse tenue hier à Toronto. Ainsi, il n'entrevoit pas de réaction défensive de la part d'Air Canada. «Tant que l'on stimule le marché en compétitionnant le train et l'autobus, Air Canada ne devrait pas se sentir visé même si Jetsgo gruge une petite part de son marché.»


Le nouveau transporteur a escompte doit abriter quelque 200 employés, recrutés essentiellement parmi les anciens de Royal Aviation, dont environ 150 seront localisés à Montréal. S'inspirant des modèles Southwest AIrlines, aux États-Unis, et de Westjet, dans l'Ouest canadien, Jetsgo se targue d'offrir les tarifs les plus bas au pays. Avec un prix de base pour un vol entre Montréal et Toronto entre 89 $ et 149 $, contre entre 96,50 $ et 219 $ pour Tango, et 388 $ pour un aller simple à bord d'Air Canada. Un autre exemple retenu est le coût d'un aller simple Toronto-Vancouver, qui varie entre 234 $ et 319 $ avec Jetsgo, comparativement à 247,50 $ et 603 $ avec WestJet .


«Jetsgo est un véritable transporteur aérien à rabais. Puisque nous avons le coût par siège-mille le plus bas de l'industrie, nous sommes en mesure d'offrir aux consommateurs des vols sans fioritures à des prix vraiment économiques», a ajouté M. Leblanc. Le transporteur ne propose ni sale d'attente ni billets en papier. À bord, nourriture et boisson seront offertes en contrepartie d'un supplément.


À partir du 12 juin, Jetsgo compte exploiter trois vols quotidiens aller-retour entre Montréal et Toronto. Des vols quotidiens entre Toronto et Vancouver, Toronto et Winnipeg ainsi que Toronto et Halifax composeront également sa carte de routes. Durant la période estivale, le transporteur pense également desservir Terre-Neuve et Sydney, en Nouvelle-Écosse. À terme, on examine la possibilité de se diriger également vers le nord-est des États-Unis et la Floride. Et pourquoi pas, éventuellement, des vols régionaux à l'intérieur du Québec et de l'Ontario. «Nous pensons que le modèle du transporteur à rabais, avec des tarifs aux environs de 100 $, peut très bien stimuler le trafic à un niveau suffisant pour accéder à certains marchés régionaux», a précisé M. Leblanc.


Le plan d'affaires prévoit que Jetsgo pourrait transporter jusqu'à 500 000 passagers la première année, un volume devant générer des revenus de 100 millions. M. Leblanc et sa famille sont les principaux actionnaires de l'entreprise, avec l'appui d'une grande banque canadienne et de Boeing. Il a souligné que la mise sur pied de Jestgo repose sur un investissement de... 120 millions.


Lors de la faillite de Canada 3000, M. Leblanc avait manifesté son intérêt dans la reprise de certains éléments d'actif de Royal, qu'il avait vendus à Canada 3000 onze mois plus tôt. Il offrait alors 49 millions (incluant la prise en charge d'une dette de 24 millions), une proposition qui impliquait quatre A310 et neuf B737, devant être exploités par une équipe de 400 pilotes et agents de bord.


Avec la Presse canadienne