Une semaine boursière mouvementée

La Bourse de Toronto a terminé la séance d'hier en hausse après une semaine marquée par la volatilité, au cours de laquelle elle a dû lutter contre l'incertitude entourant les cours du pétrole et de l'or ainsi que le piètre état du secteur financier américain.

L'indice vedette S&P/TSX a gagné hier 156,82 points pour clôturer à 12 769,58 points. Le dollar canadien a terminé la journée à 94,24 ¢US, en hausse de 1,35 ¢US, après être descendu jeudi à son niveau le plus bas en 13 mois. Le baril de brut a pour sa part pris 31 ¢US pour clôturer à 101,18 $US à la Bourse des matières premières de New York (NYMEX), après avoir momentanément chuté à 99,99 $US, les raffineries dans le golfe du Mexique ayant temporairement cessé leurs activités à l'approche de l'ouragan Ike.

Le prix du baril est descendu en-dessous du seuil psychologique de 100 $ US pour la première fois depuis le 2 avril, démontrant que les investisseurs croient que les problèmes de l'économie mondiale continueront d'entraîner une baisse de la demande pour un bon moment aux États-Unis et ailleurs. Au cours des dernières semaines, les prix du brut à la baisse ont fait chuter l'indice S&P/TSX, qui est largement influencé par les sociétés pétrolières, gazières et les ressources naturelles.

À Wall Street, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a perdu 11,48 points pour terminer à 11 422,23 points, la publication de données décevantes sur les ventes au détail et les craintes sur la santé du secteur financier américain ayant rendu les investisseurs nerveux. L'indice composite Nasdaq a progressé de 3,05 points à 2261,27 points, tandis que le S&P 500 a gagné 2,65 points à 1251,70 points.

La Bourse de New York retient son souffle dans l'attente du dénouement de la crise qui secoue la banque d'affaires Lehman Brothers, pour pouvoir reporter son attention vers l'économie la semaine prochaine, marquée par la réunion de la banque centrale américaine (Fed).

Sur la semaine écoulée, le Dow Jones a pris 1,8 %, le Nasdaq, 0,2 %, et l'indice élargi Standard & Poor's 500, 0,7 %.

«La semaine a été lancée par le sauvetage [des organismes de refinancement hypothécaire] Fannie Mae et Freddie Mac et s'est finie avec Lehman Brothers: le trouble qui entoure le secteur financier et la crise du crédit occupe le devant de la scène», résume Gina Martin, de Wachovia Capital Markets.

Après avoir plombé Wall Street pendant des mois, les géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac ont été mis dimanche sous tutelle des autorités américaines, qui se sont dites prêtes à y injecter jusqu'à 200 milliards. Résultat: le Dow Jones a bondi de près de 300 points lundi, porté par un marché un peu plus optimiste sur les perspectives du marché immobilier.

Autre motif de soulagement, à la fois pour la consommation et certaines entreprises américaines, très sensibles aux prix de l'énergie: le baril de pétrole est passé sous le seuil très symbolique des 100 $US mardi à Londres et hier à New York.

«En dépit de ces bonnes nouvelles, le marché n'a pas été capable de soutenir une vraie tendance de hausse», regrette Al Goldman, de Wachovia Securities.

L'optimisme des investisseurs a été rapidement douché par la crise de confiance qui a frappé la banque d'affaires Lehman Brothers. Wall Street est désormais suspendue à l'annonce d'un rachat de l'établissement, qui pourrait être annoncé ce week-end. Le titre s'est effondré de 77 % sur la semaine.

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