Le pétrole cher fait une nouvelle victime dans l'industrie du voyage

L’arrêt abrupt des activités du voyagiste britannique XL Airways, hier, a causé bien des tracas à 85 000 passagers bloqués dans différents aéroports. Quelque 200 000 clients ayant des réservations auprès de l’entreprise sont également touch
Photo: L’arrêt abrupt des activités du voyagiste britannique XL Airways, hier, a causé bien des tracas à 85 000 passagers bloqués dans différents aéroports. Quelque 200 000 clients ayant des réservations auprès de l’entreprise sont également touch

Le pétrole cher a fait une nouvelle victime dans l'industrie du voyage. XL Airways, troisième voyagiste au Royaume-Uni, a interrompu ses activités de manière abrupte hier, laissant en plan pour le week-end quelque 285 000 voyageurs. Le ciel a donc continué de s'assombrir hier, Alitalia ne parvenant toujours pas à s'entendre avec ses repreneurs, SAS examinant son avenir au sein de Lufthansa et Alaska Airlines se voyant contrainte de réduire de 10 % ses effectifs.

Dure journée pour l'industrie de l'aviation civile. XL Airways, troisième voyagiste au Royaume-Uni, est devenu le deuxième spécialiste britannique du voyage à cesser ses activités en un mois. S'ajoute la canadienne Zoom Airlines, en août dernier. Ces noms se greffent à une liste qui, selon le décompte de l'Association du transport aérien international (IATA), comprenait 25 cessations d'activité après six mois en 2008.

Sans oublier Alitalia, dont la survie dépend des concessions attendues des employés. Détenue à 49,9 % par l'État, Alitalia a accumulé les pertes au rythme de trois millions d'euros par jour au premier semestre. Se déclarant insolvable, elle s'est placée le 29 août sous administration extraordinaire. Le transporteur italien a dû interrompre les discussions avec ses repreneurs éventuels, ne parvenant toujours pas à s'entendre, hier, avec ses employés au sujet des concessions souhaitées.

Au Royaume-Uni, les autorités civiles estimaient hier que l'arrêt soudain des activités de XL Airways impliquait le rapatriement de 85 000 passagers bloqués aux différents aéroports desservis par le voyagiste, soit directement, soit en code partagé. Quelque 200 000 clients ayant des réservations auprès de l'entreprise sont également touchés. Les différents observateurs estimaient que l'effondrement de XL Airways est la plus grande faillite d'un spécialiste du voyage en 20 ans.

L'entreprise du Royaume-Uni s'est retrouvée à court de financement. Elle a évoqué la facture de carburant, qui a grimpé de 80 millions par rapport à l'an dernier, et le ralentissement de l'activité économique. Le spécialiste, qui desservait une cinquantaine de destinations et employait 1700 personnes, a toutefois indiqué qu'il avait pu trouver un acheteur pour ses filiales française et allemande. La dette de XL Airways, troisième au Royaume-Uni derrière celles de TUI Travel et Thomas Cook, est estimée à environ 250 millions $US. Au cours de l'exercice 2007, qui s'est soldé par une perte de 43 millions, l'entreprise a transporté 2,3 millions de passagers.

Sunwing en relève

En réaction de ce côté-ci de l'Atlantique, Sunwing Airlines a précisé s'être ajusté rapidement en concluant «des contrats de location élargis avec des avionneurs et des entreprises de location d'aéronefs pour ses activités aériennes en pleine expansion de la prochaine saison hivernale». Mark Williams, président de la composante aérienne du numéro deux des voyagistes canadiens, a déclaré que «Sunwing a déjà conclu avec trois autres compagnies aériennes européennes des ententes concernant les déplacements saisonniers des appareils et des équipages qui remplacent d'autres contrats avec XL Airways».

Sunwing Airlines a rappelé qu'elle augmentera la taille de son parc aérien, qui comptera quinze avions B737-800 au cours de l'hiver 2008-2009, et offrira des vols au départ de 29 villes au Canada vers 35 destinations aux États-Unis, au Mexique, dans les Caraïbes et l'Amérique centrale.

L'envolée des prix pétroliers, accompagnée d'un ralentissement économique mondial, multiplie les victimes. Hier, Alaska Airlines a annoncé devoir supprimer près de 1000 emplois, soit environ 10 % de ses effectifs, afin d'absorber la hausse de sa facture de kérosène. Le transporteur va également réduire ses capacités de 8 %, ce qui fera baisser de 15 % le nombre de ses vols, et augmenter ses tarifs. Le groupe a encaissé une perte de 50 millions au premier semestre.

Ailleurs, les rumeurs voulaient que le transporteur scandinave SAS puisse envisager un rapprochement avec l'Allemand Lufthansa. SAS, détenue à 50 % par l'État suédois, a vu le cours de son action baisser de 60 % depuis le début de l'année. Elle est à la recherche d'une solution dite structurelle afin d'assurer sa pérennité dans un ciel européen engagé dans un vent de consolidation sans précédent.

Lufthansa a déjà repris Swissair. Avec SAS, elle se rapprocherait du premier rang européen au chapitre du trafic passagers, occupé par le regroupement Air France-KLM. Ce dernier pourrait toutefois reprendre ses distances si son intervention salvatrice pressentie dans l'opération de sauvetage d'Alitalia prenait forme.

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