Un bon moment pour renouveler une hypothèque

Selon les prévisions de Desjardins Études économiques, les taux de détail sur les hypothèques et l'épargne à terme pourraient connaître une légère diminution d'ici la fin de 2008 et la remontée qui avait été prévue devrait donc être repoussée jusqu'au deuxième trimestre de 2009. Ce serait là donc un bon moment pour ceux qui auront à renouveler leur hypothèque.

Quand on parle d'une légère diminution, on veut dire que, pour une hypothèque d'un an, le taux qui était à 6,25 % mercredi dernier pourrait baisser jusqu'à 5,75 % au quatrième trimestre, se situer entre 5,55 % et 6,05 % au premier trimestre de 2009 et ensuite commencer une lente remontée qui pourrait le porter jusqu'à 6,55 % à la fin de 2009. Les tendances sont les mêmes en ce qui concerne l'épargne à terme. Le taux pour un an qui était à 2,25 % le 10 septembre pourrait diminuer à 2 % et 1,75 % dans les deux derniers trimestres de 2008 et jusqu'à 1,55 % au premier trimestre de 2009, avant de remonter à un niveau se situant entre 2 % et 2,5 % à la fin de 2009.

Les économistes expliquent que l'augmentation des taux hypothécaires en juin dernier n'était pas le début d'une tendance haussière. Les institutions financières ont redescendu leurs taux au cours des semaines récentes pour refléter l'évolution des taux obligataires. Pour sa part, la Banque du Canada maintient une attitude de prudence en laissant son taux directeur à 3 % en septembre. Comme l'inflation demeurera supérieure à 3 % d'ici 2009, les experts pensent que cela devrait inciter la Banque du Canada à ne pas bouger en octobre. Toutefois, ils prévoient que la faiblesse de l'économie canadienne devrait entraîner un assouplissement de la politique monétaire en décembre, à partir de quoi il y aurait une remontée des taux de détail.

Le contexte économique général fait en sorte que les risques économiques continuent de peser lourd. La hausse des taux obligataires du début de l'été n'a pas duré. Le ralentissement économique mondial, de nouvelles tensions financières et la modération des prix des matières premières ont fait augmenter l'attrait du marché obligataire pour les investisseurs. À cause du contexte économique et financier difficile, les taux obligataires devraient demeurer très bas dans la première moitié de 2009.

Pour ce qui est du dollar canadien, qui a atteint son niveau le plus bas en 13 mois, les économistes prévoient que sa correction devrait se poursuivre, étant donné que le mouvement à la baisse dans les prix des métaux et que le scénario du prix du pétrole sous les 100 $US, qui était anticipé, se sont confirmés hier. Les prévisions de croissance du PIB réel canadien ont été révisées à la baisse, soit à 0,6 % sur une base annuelle.

Toutefois, dans une perspective à plus long terme, les économistes disent demeurer optimistes, en ce sens que la mollesse actuelle des prix des matières premières énergétiques et non énergétiques n'est qu'une correction dans un mouvement haussier. Ils font valoir que les changements structurels qui découlent de l'industrialisation rapide des économies asiatiques continueront à exercer des pressions haussières sur les prix, d'autant plus que l'offre est limitée. Pour le dollar canadien, cela veut dire que son évolution demeurera tributaire de l'impact du ralentissement américain sur l'économie canadienne, de la demande concernant les matières premières, des anticipations de taux d'intérêt et de la perception des marchés envers un rebond durable de sa valeur.

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