La CIBC réduit ses prévisions sur la Bourse de Toronto et le cours du pétrole

Toronto — L'économiste en chef de la Banque CIBC, Jeff Rubin, a réduit hier ses prévisions pour la Bourse de Toronto et le cours du baril de pétrole, l'intensification du ralentissement économique mondial ayant amoindri son optimisme.

Dans son dernier rapport sur les perspectives stratégiques des portefeuilles canadiens, rendu public hier, M. Rubin affirme cependant que même si l'économie mondiale pourrait ralentir, elle devrait demeurer au-dessus des niveaux qui ont déclenché les récessions précédentes dans le secteur des ressources naturelles.

Maintenant que le prix du baril de pétrole brut se rapproche de 100 $US après avoir atteint il y a deux mois un sommet de 147 $,

M. Rubin ne croit plus que celui-ci se transigera à 125 $ cette année, 150 $ l'an prochain et 200 $ en 2010. L'économiste table maintenant sur un baril à 115 $ pour cette année, et environ 130 $ l'an prochain. Il ne s'avance plus pour 2010.

Le baril de pétrole a clôturé la séance d'hier à 102,58 $ à la Bourse des matières premières de New York (Nymex) et M. Rubin a reconnu que le récent déclin avait été aussi prononcé que depuis le début des années 1970.

M. Rubin adopte aussi une position prudente quant à son portefeuille-titres modèle. Il a revu à la baisse sa cible de fin d'exercice pour l'indice composite TSX, la faisant passer de 14 300 à 13 000 et il a réduit sa cible pour 2009 de 15 250 à 14 000.

L'Europe étant en récession et les économies du Japon et des États-Unis étant sur la corde raide, la perspective de croissance mondiale est plus faible qu'elle ne l'a été depuis des années, selon M. Rubin, également stratège en chef de Marchés mondiaux CIBC. Il a cependant estimé que l'économie mondiale «est loin d'être aussi sombre que ne le laissent croire les titres du secteur des ressources qui sont en dégringolade».

M. Rubin a indiqué que les prévisions de la CIBC d'une croissance de 3,7 % du PIB mondial pour cette année et de 3,9 % pour l'an prochain impliquent un rendement plus solide que les hausses de deux à 2,5 % qui ont déclenché les deux dernières récessions dans le secteur des marchandises en 1998 et en 2001. Jusqu'à présent, a-t-il ajouté, la Chine a été peu touchée par la récession aux États-Unis, et les autres géants émergents comme la Russie, l'Inde et le Brésil ne devraient pas l'être non plus.

Les cibles de la CIBC impliquent un rendement total annuel légèrement négatif pour le TSX cette année, mais un rendement plus habituel pour l'an prochain, a enfin indiqué M. Rubin.

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