Marchés boursiers - Le TSX poursuit sa chute

Pour la deuxième fois en deux semaines, la Bourse de Toronto a perdu hier près de 500 points pour porter à 20 % la dégringolade depuis son sommet historique atteint au mois de juin. Parmi les principaux suspects: la baisse du cours du baril de pétrole brut et les préoccupations de Wall Street au sujet du secteur financier.

L'indice S&P/TSX a reculé de 488 points, ou 3,8 %, à 12 146,76 points. En termes absolus, la plus forte chute de la Bourse est celle de 840 points observée le 25 octobre 2000, mais, toutes proportions gardées, le recul le plus impressionnant demeure celui de 11 % vécu en octobre 1987.

La journée d'hier a été marquée par un nouvel affaiblissement du prix du baril. Le light sweet crude pour livraison en octobre, sur le NYMEX à New York, a terminé la séance hier à 103,26 $US, une baisse de 3 % ou 3,08 $US. À Londres, le baril du Brent s'est installé tout juste au-dessus des 100 $, à 100,34 $US.

Ce mouvement vers le bas est survenu alors que les pays membres de l'OPEP ont convenu qu'il n'y a pas lieu de réduire la production. Les dirigeants ont affirmé que le marché est bien approvisionné, et le président de l'organisation a maintenu dans son discours d'ouverture que la volatilité des derniers mois n'a rien à voir avec les facteurs fondamentaux de l'économie.

Il faut plutôt regarder du côté de la spéculation, de la chute du dollar américain, des problèmes à l'étape du raffinage et de la «perception d'un marché serré», a dit le président de l'OPEP, le ministre algérien Chakib Khelil. Pas de raison, donc, de modifier les niveaux de production.

Plusieurs grands parquets occidentaux ont connu une baisse depuis le début de l'été, influencés par les craintes concernant la piètre performance de l'économie américaine en dépit de l'aide financière aux ménages offerte en catastrophe par l'administration Bush.

Depuis le 6 juin dernier, lorsque le TSX a atteint un sommet de 15 155 points, le parquet s'est replié de 20 %. Pendant ce temps, le Dow Jones a reculé de 11 %, le S&P 500 a laissé filer 13 % et le baril de brut, après avoir touché des niveaux stratosphériques en juillet, a replongé de 40 $US.

Environ la moitié de la Bourse de Toronto est composée de titres d'entreprises pétrolières et minières. Hier, le sous-indice de l'énergie a reculé de 6,5 % alors que celui des mines a perdu 8,21 %.

Canadian Oil Sands Trust, par exemple, a glissé de 11 % alors que Barrick Gold s'est replié de 10 % pour toucher un creux des 52 dernières semaines. La minière Teck Cominco a elle aussi connu une baisse de 10 %, et la papetière AbitibiBowater a plongé de 15 % à 5,22 $.

Wall Street repart à la baisse

Après une séance vigoureuse lundi, dans la foulée du sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac orchestré par Washington, Wall Street a de nouveau sombré dans le pessimisme. Le Dow Jones a glissé de 2,4 % alors que le S&P500, un baromètre plus fiable de l'ensemble de l'économie, a connu un recul de 3,4 %, son pire depuis février 2007.

Les projecteurs ont notamment suivi la banque d'affaires Lehman Brothers, dont l'action a plongé de 45 % après qu'un effort de refinancement avec des investisseurs — la banque KDB — s'est soldé par un échec.

L'effondrement du titre signifie que le marché ne croit pas que les efforts de Lehman Brothers visant à renforcer ses assises financières vont porter des fruits. L'établissement traîne des actifs dont la valeur a fortement diminué depuis l'éclatement de la crise du crédit.

La mise sous tutelle de Fannie Mae et Freddie Mac — qui constitue une deuxième opération de sauvetage de Washington depuis l'hiver — continue de peser sur les marchés. L'administration Bush a agi ainsi pour éviter de plus amples problèmes dans le secteur des prêts hypothécaires.

«Il y a cette crainte que le fait d'avoir nationalisé Fannie et Freddie ne va pas régler la crise du crédit, ne va pas créer d'emplois, ne va pas doper les dépenses de consommation», a dit à l'agence Bloomberg Phil Orlando, stratège chez Federated Investors, un gestionnaire de portefeuille. «Il y a des questions économiques, à la fois structurelles et fondamentales, et ça va prendre de 12 à 18 mois avant que les problèmes soient réglés.»

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